Malgré la reprise économique, les épargnants canadiens demeurent méfiants et continuent de considérer les instruments de placement et d’épargne avec prudence, comme l’indiquent les résultats du dernier sondage sur l’indice de confiance des épargnants Financière Manuvie qui a baissé de un point, s’établissant ainsi à +21. Le pessimisme des épargnants est particulièrement apparent au Québec où l’indice de confiance est de +8, soit seulement trois points de plus que l’indice avant la crise financière de 2008 (+5).

Le sondage sur l’indice de confiance des épargnants, mené deux fois par année, vise à prendre le pouls de l’opinion des épargnants canadiens sur divers catégories d’actifs et instruments d’épargne et de placement ainsi qu’à évaluer leur niveau de confiance à leur égard. Le sondage interroge également les Canadiens sur des sujets variés, tels que leurs priorités financières et la retraite.

« Il est assez surprenant de constater que les Québécois ont enregistré les résultats les plus faibles pour toute la gamme de produits de placement et d’épargne. Nous ne voyons vraiment aucune raison pouvant expliquer un tel pessimisme, a indiqué Guy Couture, vice-président régional, Services aux particuliers. Les Québécois ne croient pas que c’est un bon moment pour affecter de l’argent à des produits d’épargne ou de placement, et ils ne croient pas non plus que c’est un bon moment pour garder des liquidités; il y a donc peut-être des matelas bien rembourrés au Québec. »

En fait, en ce qui concerne la question de savoir si c’était un bon moment pour investir dans les produits d’épargne et de placement visés (actions, biens immobiliers, résidence personnelle, liquidités, fonds communs de placement équilibrés, produits à revenu fixe, CELI, REER et fonds communs de placement), les résidents du Québec ont attribué une note considérablement plus faible que les résidents des autres provinces.

Seulement 43 % des épargnants au Québec ont déclaré que c’était une bonne période ou une très bonne période pour investir dans la résidence personnelle, qui constitue l’instrument de placement de prédilection au Canada, par rapport à 66 % en Alberta et à 65 % dans le Canada atlantique, ces provinces arrivant en tête de liste à ce chapitre. Par ailleurs, alors que le CELI (compte d'épargne libre d'impôt) représente l’instrument d’épargne le plus populaire au Canada, notamment au Manitoba et en Saskatchewan où 71 % des résidents l’ont classé au premier rang, seulement 45 % des résidents du Québec ont déclaré que c’était un bon ou un très bon moment pour épargner au moyen d’un CELI.

« Les Québécois font peut-être preuve d’une trop grande prudence après la crise financière, mais il est possible qu’elle leur soit profitable à certains égards, a ajouté M. Couture. En effet, le Québec devance les autres provinces dans la mesure où plus de la moitié de ses résidents (53 %) ont déclaré être en bonne voie pour atteindre leurs objectifs financiers. De plus, 6 % des répondants ont déclaré avoir surpassé leurs objectifs financiers, le taux le plus élevé après celui de l’Alberta, où il est de 8 %. C’est une bonne nouvelle. »

Une situation différente en Alberta

C’est chez les résidents de l’Alberta que l’indice de confiance des épargnants est le plus élevé avec +30.

Cependant, alors que les résidents de l’Alberta étaient les plus nombreux (8 %) à dire qu’ils progressent plus vite que prévu vers la réalisation de leurs objectifs financiers, un Albertain sur quatre (25 %) a déclaré que sa situation financière était pire qu’il y a deux ans. En outre, les Albertains étaient les plus nombreux (10 %) à déclarer que leur situation financière empirerait d’ici deux ans.

« En termes de croissance économique, l’Alberta sera en tête de peloton au Canada au cours des deux prochaines années, a expliqué M. Couture. L’essor économique et la création d’emplois aidant, les Albertains ont peut-être développé un faux sentiment de sécurité et dépensent ce qu’ils gagnent, voire plus. Il leur faudra une bonne discipline d’épargne, un plan financier adéquat et des placements judicieux pour s’assurer d’atteindre leurs objectifs financiers. »

Autres faits saillants par province :

  • Globalement, les Canadiens voient leur avenir financier avec optimisme, près de la moitié des résidents dans chaque province ayant déclaré que leur situation financière s’améliorerait d’ici deux ans.
  • Les résidents de l’Ontario sont les moins nombreux (37 %) à se déclarer être en bonne voie pour atteindre leurs objectifs financiers actuels; le Québec se classe au premier rang à cet égard (53 %), suivi du Manitoba et de la Saskatchewan (47 %).
  • Les résidents du Manitoba et de la Saskatchewan étaient les plus nombreux (49 %) à déclarer que leur situation financière était meilleure qu’il y a deux ans, devant les résidents des provinces de l’Atlantique (39 %) et ceux du Québec (35 %).
  • Les résidents de la Colombie-Britannique étaient les plus nombreux (23 %) à déclarer qu’ils accusent un retard par rapport à leurs objectifs financiers et qu’ils ne le rattraperont probablement pas.
  • Les résidents des provinces de l’Atlantique étaient les plus nombreux à déclarer que c’était un bon moment pour investir dans les actions (31 %) et les fonds distincts (28 %).

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