Soutien au travail

Le milieu de travail peut aller de pair avec une bonne santé mentale. Le travail est notre source de revenus. Il constitue notre routine et structure notre quotidien, contribue à la construction de notre identité, et nous donne un but et un sentiment d’accomplissement. En fait, la Commission de la santé mentale du Canada indique que 

« Le milieu de travail peut être un déterminant clé du bien-être mental quand il offre la possibilité d’une vie productive et est source d’épanouissement. »

Cependant, si vous avez un problème de santé mentale, ou si vous pensez avoir un tel problème, il vous est peut-être difficile d’accomplir certaines tâches et vos symptômes peuvent rendre les choses encore plus difficiles. Vous avez peut-être pris l’habitude de souffrir en silence et de composer seul avec la douleur, mais cette attitude peut entraîner d’autres difficultés. Si les symptômes nuisent à votre travail, vous pouvez faire des erreurs, éviter des activités essentielles, vous éloigner de vos collègues ou allonger vos heures de travail pour compenser votre manque d’efficacité.

Il y a toutefois des ressources qui peuvent vous aider à préserver votre santé et votre productivité au travail.

Commission de la santé mentale du Canada ( http://www.mhcc.ca/Francais, site consulté en 2014)

 

Pensez à votre santé

  • Si le quotidien vous pèse, passez un examen médical complet afin de connaître la source du problème et de voir si un traitement s’impose.
  • N’hésitez pas à recourir au programme de mieux-être à l’intention des employés si vous avez accès à une telle ressource. Certaines entreprises donnent également accès, par exemple, à des installations d’entraînement, à des cours de gestion du stress ou à des séances de méditation sur les lieux de travail.
  • Si c’est possible, faites appel au Programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF) de votre entreprise; vous bénéficierez ainsi d’entretiens confidentiels et de thérapies axées sur la recherche de solutions qui pourront vous aider à cibler les problèmes auxquels vous devez faire face, au travail ou dans votre vie personnelle.
  • Adressez-vous aux organismes communautaires qui peuvent vous offrir du soutien.
  • Essayez diverses stratégies d’auto-assistance. Vous pouvez par exemple consulter l’outil gratuit intitulé Antidepressant Skills at Work : Dealing with Mood Problems in the Workplace - (en anglais seulement). Ce site a été spécialement conçu par le Centre for Applied Research in Mental Health and Addiction et les BC Mental Health and Addiction Services pour vous aider à traiter vos symptômes de dépression au travail.

Tenez compte de vos besoins

Parfois des difficultés surgissent lorsqu’on est mal outillé pour le travail à accomplir. Les changements de processus ou de tâches peuvent être plus ardus lorsqu’on est aux prises avec un problème de santé sous-jacent.

Faites le point. Avez-vous tout ce dont vous avez besoin pour comprendre et accomplir votre travail?

  • Avez-vous tout le matériel nécessaire?
  • Avez-vous la formation appropriée?
  • Comprenez-vous ce qu’on attend de vous dans le cadre de votre travail?
  • Avez-vous assez de temps pour accomplir vos tâches?

Parlez à votre chef de section ou à votre supérieur.

  • Posez des questions.
  • Exposez vos inquiétudes.
  • Demandez de l’aide.

Certaines tâches peuvent être difficiles à modifier, mais ce n’est pas en vous taisant que vous faciliterez la recherche de solutions.

Programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille En quoi consiste le programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF)?

Le PAEF (parfois appelé « programme d’aide aux employés » [PAE] est un service ou plutôt une gamme de services qu’un employeur offre à des employés, souvent dans le cadre d’un régime d’assurance collective.

Un PAEF est conçu pour aider les employés et les membres de leur famille immédiate à gérer les sources de stress de la vie quotidienne ou à y trouver des solutions. La plupart des PAEF offrent des solutions à court terme par le biais de consultations qui peuvent avoir lieu en personne, par téléphone ou en ligne.

Outre le soutien offert dans les cas de toxicomanie et de troubles psychologiques, la plupart des PAEF peuvent apporter une aide dans les situations suivantes :

  • Relations conjugales ou familiales
  • Stress et épuisement professionnel
  • Relations interpersonnelles
  • Gestion de la colère
  • Difficultés financières et gestion des dettes
  • Résolution de conflits
  • Changement de carrière
  • Planification à l’approche de la retraite
  • Deuil
  • Soins aux enfants ou aux personnes âgées
  • Alimentation
  • Amélioration de la santé physique

Des ressources en ligne peuvent également être offertes, dont des cours en autodidacte, des vidéos et d’autres outils pédagogiques liés à la santé.

Comment fonctionnent les services de consultation?

Dans la plupart des cas, les services de consultation sont fournis en personne ou par téléphone par des cliniciens titulaires d’un diplôme en psychologie ou d’une maîtrise en travail social. On peut fixer un rendez-vous en utilisant le site Web du PAEF ou en composant sans frais un numéro confidentiel. Votre conseiller fixera un rendez-vous au moment qui vous convient le mieux. Une séance de consultation dure habituellement une heure; selon les progrès réalisés, de six à huit séances peuvent être prévues. Si votre conseiller estime qu’un soutien à plus long terme est nécessaire, il vous aidera à trouver les ressources et l’expertise dont vous avez besoin.

Tous les services du PAEF sont confidentiels. Seuls des renseignements sur l’utilisation globale du programme sont transmis à l’employeur.

Veuillez communiquer avec votre conseiller en avantages sociaux des RH, votre supérieur ou votre représentant syndical pour savoir si votre régime d’assurance collective comprend un PAEF.

Des aménagements doivent-ils être apportés à votre travail?

Il se peut que vous ayez accès à toutes les ressources nécessaires – outils, formation, soutien et communication –, mais que les symptômes d’une maladie vous empêchent de faire votre travail correctement ou en toute sécurité. En pareil cas, vous pouvez demander à votre employeur d’apporter des aménagements en raison d’un problème de santé.

Pour ce faire, vous devrez informer votre employeur des restrictions ou des limitations qui vous empêchent d’accomplir vos tâches de la façon habituelle. Vous devrez collaborer avec lui pour élaborer le plan d’aménagement du travail et, au besoin, le modifier afin qu’il réponde vraiment à vos besoins. Le processus d’aménagement du travail est structuré; votre employeur a peut-être mis en place des politiques et des procédures claires qui feront en sorte qu’il soit équitable.

N’oubliez pas que même avec des mesures d’aménagement temporaires ou permanentes, il sera peut-être difficile de guérir un trouble de la santé mentale tout en travaillant. Vous connaîtrez des hauts et des bas sur le chemin de la guérison. Vous devrez peut-être réévaluer votre état de santé et vos besoins pour faire les aménagements qui s’imposent.

Devez-vous parler de votre problème?

C’est à vous de décider. En abordant un problème personnel, on doit toujours avoir un objectif clair. Le fait de parler de votre état de santé à votre employeur pourrait l’amener à vous aider, et c’est la première étape à franchir pour connaître votre droit à des aménagements qui faciliteront votre travail, mais peut-être craignez-vous de faire l’objet de discrimination. Vous serez peut-être rassuré de savoir que selon Statistique Canada, même si les travailleurs souffrant d’un handicap craignent que leur employeur leur refuse de la formation ou des promotions, moins de 7 % d’entre eux disent avoir effectivement subi ce type de discrimination.

Le Boston University Center for Psychiatric Rehabilitation note que la décision de parler d’un problème de santé est complexe et qu’elle doit être prise avec circonspection. Divers facteurs doivent être pris en considération:

Questions que doit se poser votre employeur

  • Ses valeurs sont-elles axées sur les employés?
  • A-t-il mis en place une politique d’aménagement du milieu de travail? A-t-il déjà permis à d’autres employés de bénéficier de mesures d’aménagement?
  • Reconnaît-il l’importance de la santé mentale et a-t-il mis en place des programmes d’aide, comme un PAEF ou des programmes de gestion du stress?
  • À qui les employés peuvent-ils se confier?
    • Les spécialistes des ressources humaines et de la santé au travail connaissent les droits de la personne et les lois qui régissent la protection des renseignements personnels. Ils peuvent vous apporter de l’aide supplémentaire (si une telle aide est offerte dans votre lieu de travail).
    • Quels sont vos rapports avec votre chef de section ou votre supérieur hiérarchique? Il est parfois plus facile de parler à quelqu’un que vous connaissez et respectez, et en qui vous avez confiance.

Questions que vous devez vous poser

  • Que se passera-t-il si vous gardez le silence?
  • Qu’avez-vous à gagner en parlant de votre problème?
  • Quels buts visez-vous en parlant de votre problème?
  • De quelle aide avez-vous besoin?
  • Que devez-vous dire? Peut-être jugerez-vous bon de vous préparer en compagnie d’un ami, d’un membre de votre famille ou d’un thérapeute, voire de mettre vos pensées par écrit.
  • Que devez-vous ne pas dire? Même si vous parlez tout haut de votre problème de santé, vous n’avez pas à en dévoiler tous les détails.
  • À qui d’autre accepteriez-vous que l’information soit transmise? Il est tout à fait acceptable de soulever la question des limites de la divulgation de ces renseignements.

Choix du moment

  • Idéalement, vous devriez aborder le problème assez tôt pour que des mesures d’aménagement puissent être prises, afin d’éviter que la situation ne s’envenime au point d’entraîner des problèmes graves au sein du lieu de travail.

L’emploi et le revenu en perspectives, volume 7, no 2, février 2006 : L’incapacité en milieu de travail (http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/10206/9096-fra.htm)
Boston University Center for Psychiatric Rehabilitation : Disclosing Your Disability to an Employer (http://cpr.bu.edu/resources/reasonable-accommodations/jobschool/disclosing-your-disability-to-an-employer)

Comment rester motivé au travail?

Une récente étude menée par Manuvie, ainsi que d’autres études sur le sujet, montrent que la motivation au travail a un effet très important sur la santé et le bien-être d’un employé et qu’elle constitue l’un des principaux facteurs de fidélisation des employés.

Imaginez votre santé et votre bien-être dans votre milieu de travail.

  • Visualisez l’amélioration de votre état – qu’est-ce que cela signifie pour vous?
  • Dressez la liste de ce dont vous avez besoin pour faciliter le processus de guérison.
  • Repérez les ressources qui vous aideront à vous sentir mieux.
  • Pensez aux bienfaits que vous tirerez de votre l’amélioration de votre état de santé.

En raison des constants changements que connaissent presque toutes les entreprises, il est difficile de prédire le type d’environnement dans lequel vous allez évoluer, d’où l’importance de vous préparer à modifier, au besoin, vos plans et vos objectifs.

Soutien lors d’une absence du travail

Il peut arriver que votre médecin vous prescrive un congé pour faciliter la mise en œuvre de traitements coordonnés.

Il est primordial de prendre rendez-vous avec votre fournisseur de soins pour évaluer et traiter votre affection. Votre responsabilité, pendant cette période, est aussi très importante. Vous devez suivre les recommandations formulées et le traitement prescrit par votre médecin. Vous devrez peut-être apporter des changements à votre style de vie dans le cadre de votre traitement et de votre rétablissement.

Soutien pour les parents

"Plus des deux tiers des adultes ayant un problème de santé mentale jugent que les premiers symptômes sont apparus pendant l’enfance." 

Commission de la santé mentale du Canada, 2010

L’information fournie dans cet article porte sur les problèmes observés chez les jeunes âgés de 12 ans et plus.

Santé mentale pour enfants Ontario estime à près de un sur cinq la proportion de jeunes âgés de moins de 19 ans souffrant de troubles mentaux, affectifs ou comportementaux suffisamment graves pour nuire à leur fonctionnement normal à la maison, à l’école ou dans la collectivité. La bonne nouvelle, c’est qu’un diagnostic et un traitement précoces peuvent changer le cours de leur vie.

Children’s Mental Health Ontario – Key Facts & Data Points (www.cmho.org/education-resources/facts-figures, 2014)

Des défis particuliers

L’adolescence peut être une période particulièrement difficile, marquée par de grands changements. Pour les jeunes, la pression associée à la réussite scolaire, à la maison et au sein de groupes sociaux est souvent énorme. Ils n’ont pas toujours une expérience suffisante de la vie pour savoir que les situations difficiles ne durent pas éternellement. Les problèmes de santé mentale généralement associés à l’âge adulte, comme la dépression, peuvent aussi toucher les jeunes.

D’après l’Association canadienne pour la santé mentale, les troubles mentaux sont la deuxième cause d’hospitalisation chez les jeunes au Canada, juste derrière les blessures.

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC)” (www.mentalhealthcommission.ca/Francais, 2014)

Facteurs de stress les plus courants

  • École;
  • Travail;
  • Pairs;
  • Estime de soi;
  • Vie familiale.

Problèmes de santé mentale les plus courants

Les troubles mentaux le plus souvent observés chez les jeunes sont :

  • la dépression;
  • les troubles anxieux;
  • l’automutilation;
  • les troubles de l’alimentation.

Conseils et outils à l’intention des parents

Il est important de reconnaître les symptômes. Dans un premier temps, renseignez-vous et sensibilisez vos proches à la santé mentale.

Posez-vous ces questions : « Se pourrait-il que mon enfant soit atteint d’un trouble mental? » et « Quels en sont les symptômes? »Il n’est pas toujours facile de faire la distinction entre les changements normaux associés à la puberté et les symptômes liés aux problèmes de santé mentale. Voici quelques éléments à surveiller :

  • Un changement de comportement soudain (enfant actif qui devient tranquille et renfermé).
  • Un changement d’humeur soudain (signes de tristesse, d’inquiétude, de culpabilité, de colère, de crainte, d’impuissance ou de rejet).
  • Un problème d’ordre physique (maux de tête, maux d'estomac, difficulté à dormir, manque d’énergie).
  • Isolement soudain.
  • Baisse inattendue des résultats académiques.
  • Difficulté à composer avec les activités habituelles et les soucis de tous les jours.
  • Préoccupation liée au poids (perte ou gain de poids important).
  • Automutilation, cicatrices inexpliquées, port de pantalons longs ou de manches longues par temps chaud.
  • Idées suicidaires (le jeune dit qu’il ne veut plus vivre, etc.).

La Commission de la santé mentale du Canada (CSMC)” (www.mentalhealthcommission.ca/Francais, ) / Children’s Mental Health Ontario – Key Facts & Data Points” (www.cmho.org/education-resources/facts-figures, 2014)

Comment trouver le traitement et le soutien adaptés à votre enfant?

  • Parlez-en d’abord avec votre médecin de famille.
  • Notez vos observations et préoccupations et apportez la liste lors du rendez-vous, notamment :
    • Les difficultés qu’éprouve votre enfant.
    • La période de la journée où votre enfant est le plus affecté.
    • Les situations les plus difficiles pour lui.
    • Les événements ou circonstances qui ont entraîné des difficultés pour votre enfant.
    • Ce que vous faites quand votre enfant éprouve des difficultés.
  • Repérez les organismes de conseils de votre collectivité qui offrent des services en santé mentale pour les enfants et les jeunes.
  • Il est important de trouver la bonne personne, c’est-à-dire un conseiller ou un thérapeute avec qui votre enfant soit à l’aise. Le jeune doit avoir son mot à dire dans le choix de la personne qui lui offrira son aide et se sentir suffisamment en confiance pour s’ouvrir et se confier.
  • Pour favoriser la bonne santé mentale de vos enfants :
    • Enseignez-leur comment gérer leurs émotions, en particulier les émotions négatives.
    • Discutez ouvertement de questions comme le stress, le sentiment anxieux et les difficultés de la vie.
    • Encouragez-les à consulter un spécialiste et faites valoir les bienfaits de la démarche.
  • Vous trouverez d’autres renseignements utiles, tant pour vous que pour vos jeunes, dans les sites Web d’organismes canadiens ou provinciaux, notamment ceux-ci :