Sophie W.

 

Récipiendaire d’une bourse d’études pour 2023

 

Montant de la bourse d’études : 10 000 $
Établissement d’enseignement : Université Queen’s
Programme : Psychologie

Le 11 septembre 2016, je me suis réveillée au milieu de la nuit en découvrant des pompiers et des ambulanciers chez moi. C’était la nuit où mon père est décédé, après s’être battu pendant 18 mois contre le cancer. J’avais dix ans et j’ai été submergée par le sentiment de perte. J’ai ressenti le grand vide que cela a créé dans notre famille.

Je n’étais pas au courant à l’époque, mais ma famille a eu des difficultés financières par la suite. Mon père n’avait pas d’assurance vie. À 52 ans seulement, je suppose que mon père n’avait jamais imaginé qu’il laisserait derrière lui sa femme et ses trois jeunes enfants. Mais je me rends compte maintenant que c’est bien l’inimaginable auquel il faut se préparer. Une assurance vie aurait fait la différence entre la sécurité financière de sa famille et la difficulté à joindre les deux bouts, sans parler des centaines de milliers de dollars pour les études postsecondaires. L’assurance vie ne m’aurait pas évité la peine de perdre mon père, mais elle aurait atténué l’incertitude entourant mes études.

Avec le seul revenu de ma mère, elle a fait de son mieux pour gérer les dépenses courantes. En vieillissant, j’ai compris à quel point il était important de trouver du travail. Mais mes possibilités d’emploi étaient limitées parce que je vivais en milieu rural dans une municipalité sans transport en commun. J’ai toujours voulu enseigner la natation le week-end mais, en raison des fermetures liées à la COVID, j’ai pris du retard dans l’obtention de mes certificats. En août 2021, j’ai suivi des formations de sauvetage et de monitrice de natation l’une après l’autre pour pouvoir enseigner. J’ai postulé et j’ai été embauchée comme monitrice de natation. J’ai commencé à enseigner en moins de deux mois. Depuis, j’ai toujours travaillé pour aider ma mère à payer les factures et ne pas être un fardeau financier en payant mes propres dépenses. J’ai toujours été inscrite au tableau d’honneur des étudiants et j’ai maintenu une moyenne de 93 % pour être admissible à des bourses fondées sur le mérite. J’explore activement toutes les options de financement qui s’offrent à moi pour payer mes études et réduire au minimum les prêts coûteux que je devrais contracter.

En août 2021, ma mère a reçu un diagnostic de cancer du sein et, une fois de plus, nos vies ont été bouleversées. Après plusieurs mois d’examens, elle a subi une longue intervention chirurgicale, suivie de quatre mois de chimiothérapie. Elle était incapable de travailler. Ses revenus ont été considérablement réduits, ce qui, s’ajoutant aux frais médicaux supplémentaires, a aggravé notre situation financière déjà précaire. Elle a repris le travail en décembre 2022, mais je sais que la pression financière l’a poussée à reprendre beaucoup plus tôt qu’elle n’était prête à le faire.

À 17 ans, j’ai appris la résilience par le chagrin, les difficultés financières, la maladie de mes parents et de nombreuses difficultés de la vie. Je sais qu’il me faudra affronter d’autres situations difficiles mais je reste positive et optimiste en sachant que j’ai les compétences nécessaires pour persévérer face à n’importe quelle épreuve. Je suis déterminée à réussir et à atteindre mon objectif d’aller à l’université pour devenir psychologue, pour aider les gens à faire face à leurs propres défis et à les surmonter.

Les autres lauréats

Isabelle Z.

« J’ai appris à toujours voir les choses du bon côté et rester bienveillante, quoiqu’il arrive. Je pense que cet état d’esprit m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui… » Lisez le témoignage d’Isabelle.

Naomi A.

« La plus grande leçon de vie qui m’a permis de persévérer est qu’on ne peut pas passer sa vie à regarder en arrière… » Lisez le témoignage de Naomi.

Alison D.

« J’ai toujours vu les épreuves comme un moyen d’apprendre et de grandir. Je crois que tout arrive pour une raison et que tout ce que nous traversons nous sera utile un jour ou l’autre… » Lisez le témoignage d’Alison.