Guide pour la période postnatale et le retour au travail

 12 février 2026 | 3 minutes de lecture

Accueillir un bébé à la maison est l’un des plus grands changements de la vie : joyeux, bouleversant et parfois déroutant. Les nuits blanches, les changements hormonaux et la récupération physique s’ajoutent à une multitude de nouvelles responsabilités et à cette nouvelle vie dont vous devez prendre soin. Il s’agit d’un changement considérable qui ne s’accompagne pas vraiment d’une feuille de route, et de nombreux parents se retrouvent confrontés à une forte diminution du soutien dont ils bénéficiaient une fois sortis de l’hôpital. « On vous envoie sur votre chemin, avec un bébé et sans vraiment savoir quoi faire ensuite », explique Sara*, qui a accouché en mars 2025.

Ce manque d’orientation n’est pas passager, et il peut être plus que frustrant : il peut affecter le rétablissement, les relations, la santé mentale et la confiance des parents dans leur retour au travail. Selon les données agrégées sur les demandes de règlement au titre de l’assurance collective de Manuvie Canada, le nombre de mères qui présentent des demandes de règlement au titre de la santé mentale dans les six mois suivant l’arrivée d’un nouveau bébé dans leur vie est en augmentation (20 % entre 2022 et 2024, contre 14,7 % au cours des deux années précédentes), une tendance qui souligne à quel point cette période peut être difficile. 

Jennifer Foubert, vice-présidente adjointe et chef, Produits et croissance pour l’assurance collective à Manuvie Canada, affirme qu’il existe un important écart en matière de soutien qui laisse de nombreux parents dans une situation difficile – écart que les employeurs peuvent aider à combler. « Nous devons contribuer à éliminer les obstacles et créer une communauté au sein des lieux de travail qui puisse aider les parents lorsqu’ils en ont besoin », déclare-t-elle. À l’heure actuelle, 40 % des femmes envisagent de démissionner pendant le processus de retour au travail, selon un rapport de 2021 publié par Moms at Work1.

Bénéficier d’un soutien adapté à cette étape de la vie peut faire toute la différence. Dans certains cas, ces ressources existent bel et bien, mais il peut être difficile pour les nouveaux parents de savoir comment y accéder. Tout commence par savoir quelles questions poser – à vous-même, à votre médecin et à votre employeur.

Questions à se poser

Lorsque vous avez des rendez-vous ou des appels chez le médecin, vous êtes confrontée à une série de questions standard auxquelles il peut sembler impossible de répondre sur le moment. Après tout, le manque de sommeil peut avoir un impact sérieux sur la mémoire, l’humeur et les capacités cognitives. « Après l’accouchement, une infirmière m’a appelée à la maison pour prendre de mes nouvelles et voir si j’avais des questions, mais au téléphone, en pleine privation de sommeil, je ne me souvenais même plus de mon propre nom, sans parler de la longue liste de questions que j’avais », raconte Sara.

La Dre Niki Panich, médecin de premier recours à la Cleveland Clinic Canada et directrice médicale pour Assurance collective de Manuvie Canada, précise que l’une des façons de vous préparer à ces rendez-vous tout en préservant votre bien-être consiste à vous poser régulièrement une série de questions et de noter les réponses dans un journal ou une application, ou même d’en parler à un partenaire ou une personne proche qui peut les noter pour vous.

« L’une des questions les plus importantes est : qu’ai-je fait pour moi-même aujourd’hui?, déclare la Dre Panich. Et la réponse pourrait être aussi simple que de prendre une douche ou de laisser quelqu’un d’autre plier le linge. »

Voici quelques autres questions que les experts recommandent d’utiliser pour faire le point sur soi-même :

Repos : Combien d’heures ai-je dormi hier? Suis-je capable de dormir quand j’en ai l’occasion?

Humeur : Est-ce que je me sens globalement équilibrée sur le plan émotionnel? Est-ce que je ressens des périodes prolongées de tristesse et d’accablement?

Corps : Comment se passe ma récupération physique après l’accouchement? Est-ce que je constate une amélioration progressive ou est-ce que la situation empire?

Soutien : De quel type de soutien ai-je besoin? Est-ce que je mange bien? Puis-je prendre une pause quand j’en ai besoin? Que puis-je demander à mon entourage, et ai-je besoin de plus de soutien?

Retour au travail : Mon plan de retour au travail est-il toujours pertinent, compte tenu de mon état actuel? Est-ce que je ressens les choses différemment aujourd’hui? Y a-t-il des conversations que je devrais envisager d’avoir dès maintenant, au sujet de mon rôle et de mes responsabilités à mon retour?

Parfois, il est plus facile pour un partenaire ou un proche de remarquer des changements d’humeur ou d’énergie. Soyez donc également ouvert à leurs observations, explique la Dre Panich. Et n’hésitez pas à demander de l’aide. « Tant de mères ressentent la pression d’être des superfemmes, dit-elle. Se donner la permission de se reposer et d’accepter de l’aide fait partie du processus de guérison. » 

Questions à poser à votre médecin ou à votre sage-femme

Lors de votre premier rendez-vous postnatal (généralement environ six semaines après l’accouchement), votre médecin vous demandera probablement comment vous vous sentez physiquement et évaluera la façon dont votre corps se remet. Mais si quelque chose ne vous semble pas normal, demandez à consulter votre médecin plus tôt, conseille Shyna Asaria, infirmière autorisée à la Maven Clinic2, une clinique virtuelle spécialisée dans la santé des femmes et de la famille

Au-delà du rétablissement physique, les problèmes de santé mentale peuvent être fréquents après l’accouchement. Selon Statistique Canada, un quart des femmes canadiennes souffrent de dépression post-partum et d’anxiété3. Des troubles mentaux plus graves, tels que le trouble obsessionnel compulsif post-partum, le trouble panique, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et la psychose, peuvent apparaître dans les semaines et les mois suivant l’accouchement, et chacun d’entre eux nécessite des interventions ciblées et adaptées à chaque personne.

La douleur, les saignements, les problèmes liés au plancher pelvien et les difficultés d’alimentation sont également des domaines clés sur lesquels il convient de se concentrer à ce stade. Mme Asaria et la Dre Panich suggèrent ces questions pour commencer à discuter avec votre sage‑femme ou votre fournisseur de soins de santé :

Santé mentale : À quoi dois-je faire attention en matière de santé mentale? Si je me sens triste, irritable et désespérée, à quel moment dois-je demander de l’aide supplémentaire? Quels sont les signes indiquant des troubles mentaux plus graves, tels que la psychose post-partum ou le TSPT?

Guérison physique : À ce stade, quel niveau de douleur devrais-je ressentir? Dois-je m’attendre à des saignements? À quoi dois-je faire attention en cas de saignements et au niveau de mon plancher pelvien? Recommanderiez-vous la physiothérapie, l’accompagnement en lactation ou d’autres spécialistes? Que dois-je faire pour la santé et la récupération de mon plancher pelvien? Combien de temps avant de pouvoir reprendre l’exercice physique?

Projets d’avenir : Quand sera-t-il physiquement possible de retomber enceinte? Quelles sont les options qui s’offrent à moi en matière de contraception?

Autres problèmes de santé : Y a-t-il des dépistages que je devrais faire pour des problèmes tels que les troubles thyroïdiens, l’anémie et les carences en vitamines?

« Au fur et à mesure que vous vous rétablissez, vous voulez vous assurer que vous revenez à votre état initial », explique Mme Asaria. Elle note que de nombreux cliniciens demandent à leurs patientes d’évaluer la gravité de leurs symptômes sur une échelle de 1 à 10 – une raison supplémentaire de tenir ce journal! 

 

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Questions à poser au travail

Le retour au travail peut souvent s’accompagner de facteurs de stress cachés. Les atténuer dès que possible peut contribuer à faciliter le retour, mais en réalité, vous devrez peut-être faire valoir vous-même vos besoins, du moins au début. Selon le sondage de Moms at Work, 95 % des futurs parents canadiens ont déclaré ne pas avoir reçu de soutien officiel de leur employeur pendant leur congé de maternité.

Avant de prendre congé, vérifiez auprès de votre employeur quels formulaires et documents sont nécessaires pour officialiser votre absence. De plus, Mme Foubert conseille de se renseigner pour savoir si l’employeur offre des congés payés, le maintien du salaire ou des programmes de complément salarial.

La mise en place d’une ligne de communication ouverte peut aider à clarifier les attentes de l’employeur et à établir un engagement de la part de votre lieu de travail afin de faciliter le retour au travail. Lorsque vous planifiez votre retour, renseignez-vous sur les éléments suivants :

Flexibilité : Quelles sont les options disponibles en matière d’horaires modifiés ou de télétravail?

Aménagements : Existe-t-il des espaces réservés et des solutions de rangement sécurisées pour tirer son lait?

Attentes : Comment ma charge de travail et mes objectifs de rendement seront-ils gérés lors de mon retour? Existe-t-il une option permettant un retour progressif ou une période de reprise progressive?

Avantages sociaux : Quelles ressources sont disponibles dans le cadre de notre régime d’avantages sociaux collectifs pour faciliter ma transition? Avons-nous accès à des praticiens qui peuvent nous aider à prendre soin de notre santé physique et mentale spécifique à cette étape de la vie?

 

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L’accès à des soins adaptés peut faire toute la différence, affirme Mme Foubert. C’est pourquoi Manuvie Canada propose désormais aux employeurs l’option d’ajouter les programmes de Maven Clinic à leurs régimes d’assurance collective. Les participantes peuvent consulter des services de conseils en lactation, des accompagnateurs en gestion de carrière et bien d’autres professionnels de santé, 24 heures sur 24.

« Les nouvelles mamans vivent des expériences inédites, et le fait de pouvoir parler à quelqu’un qui les comprend, qu’il s’agisse d’un physiothérapeute spécialisé dans le plancher pelvien, d’un conseiller en sommeil ou d’un expert en santé mentale, peut contribuer à leur donner confiance, explique Mme Foubert. Cette confiance favorise non seulement la récupération, mais aide également les parents à se réinvestir dans leur travail et leur vie d’une manière plus saine et plus durable. »

Cet article a été initialement publié dans Châtelaine le 24 octobre 2025.

Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.

Remarque sur le genre :
Bien que nous utilisions les termes « femmes », « féminin », « hommes » et « masculin », nous reconnaissons qu’ils n’englobent pas toutes les identités de genre et que les questions de santé abordées dans l’article peuvent concerner des personnes de tous les genres.

Cleveland Clinic Canada 
Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.

Maven Clinic 
Maven Clinic est la plus grande clinique virtuelle au monde pour les femmes et les familles, avec pour mission de rendre les soins de santé accessibles à tous. Les programmes numériques primés de la Maven Clinic offrent un soutien clinique, émotionnel et financier en une seule plateforme, couvrant la fertilité et les projets de famille, la maternité et les soins aux nouveau-nés, les services aux parents et les soins pédiatriques, ainsi que la ménopause et la santé hormonale. Plus de 2 000 employeurs et régimes de soins de santé font confiance à la plateforme de bout en bout de la Maven Clinic pour améliorer les résultats cliniques, réduire les coûts des soins de santé et assurer l’équité des programmes d’avantages sociaux.