Bonne question : La ménopause augmente-t-elle le risque de maladie cardiovasculaire?

30 janvier, 2026 | 10 minutes de lecture

Pour beaucoup de femmes au stade de la périménopause ou de la ménopause, cette transition en milieu de vie touche tous les aspects de leur vie. Lorsque le corps s’adapte à un changement hormonal important, soit une forte baisse du taux d’œstrogènes, il subit tout un éventail de symptômes physiques, mentaux et émotionnels qui affectent le système nerveux, le système squelettique et pratiquement tous les organes, y compris le cœur.

La maladie cardiovasculaire est la cause la plus fréquente de décès prématuré chez les femmes au Canada1. Bien que l’on reconnaisse de plus en plus les facteurs de risque courants qui peuvent influencer la santé cardiovasculaire2, on parle beaucoup moins de l’effet de la ménopause sur le cœur.

« Beaucoup de gens ne sont pas conscients de l’impact que la ménopause peut avoir sur le système cardiovasculaire », explique la Dre Amelia Yip, cardiologue du Waterloo Regional Health Network (WRHN), dont fait partie la clinique PREVENT, propulsée par Manuvie. « Ils ne font pas toujours le lien entre les changements hormonaux qui s’opèrent à cette étape de la vie et l’augmentation du risque de problèmes cardiovasculaires. »

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Pour aller au cœur du sujet, nous avons demandé à la Dre Yip et à sa collègue Stefanie Cooper, infirmière autorisée et directrice du programme de cardiologie interventionnelle au WRHN, de nous parler de ce que les femmes en périménopause ou ménopausées — ainsi que les personnes qui les soutiennent — doivent savoir sur la santé cardiovasculaire.

Quels sont les effets possibles de la périménopause et de la ménopause sur la santé cardiovasculaire?

Dre Amelia Yip : Nous savons que cela augmente le risque3 de maladie cardiovasculaire.

Les maladies cardiovasculaires couvrent un large spectre. Les gens pensent souvent d’abord à un blocage – aussi appelé maladie coronarienne. Ce risque augmente définitivement chez les femmes ménopausées, mais le risque d’autres problèmes de santé augmente aussi, y compris la cardiomyopathie hypertrophique, l’insuffisance cardiaque et les anomalies de la conduction cardiaque.

Nous n’avons pas encore de consensus sur les causes exactes de ce risque accru. Certains pensent que cette augmentation est due à une combinaison de changements hormonaux et de l’âge, qui augmente généralement le risque de maladie cardiovasculaire4.

Stefanie Cooper : Des changements de mode de vie peuvent aussi augmenter le risque à ce stade de la vie. Par exemple, beaucoup de femmes en périménopause présentent une diminution de la densité osseuse5, ce qui peut entraîner des problèmes articulaires. Cela les amène souvent à adopter un mode de vie plus sédentaire, qui, comme nous le savons, est un important facteur de risque de maladie cardiovasculaire6.

Quels sont les symptômes d’un problème cardiovasculaire potentiel chez les femmes en périménopause ou ménopausées?

Dr. Yip: Les maladies cardiovasculaires se présentent différemment chez les femmes. Les symptômes évoluent souvent plus lentement et peuvent être plus difficiles à détecter.

Cooper : Les problèmes cardiovasculaires ne se manifestent pas toujours d’une manière aussi spectaculaire qu’à la télévision. Les femmes ménopausées éprouvent très rarement une douleur aiguë irradiant dans le bras gauche, que la plupart des gens associent à une crise cardiaque. Le plus souvent, les symptômes de problème cardiovasculaire ne sont pas automatiquement associés aux maladies cardiovasculaires. C’est le cas de l’indigestion, de l’essoufflement, des douleurs à la mâchoire, des douleurs à l’épaule en l’absence de blessure particulière ou même des douleurs générales dans le haut du corps.

Ces symptômes peuvent être très subtils, et beaucoup de femmes les attribuent aux symptômes de la ménopause ou de la périménopause. Beaucoup de femmes tardent aussi à obtenir des soins, parce qu’elles se disent : « Je n’ai pas le temps de m’occuper de ça maintenant » ou « C’est ennuyeux, mais ça ne peut pas être une crise cardiaque parce que je n’ai de symptômes graves ».

Dre Yip : Outre les douleurs thoraciques, qui doivent toujours être examinées rapidement, un essoufflement persistant et une fatigue chronique sont d’importants indicateurs d’un éventuel problème.

Je conseille souvent à mes patientes de consulter un médecin si elles sont moins fonctionnelles qu’avant. Par exemple, si une femme se sent bien habituellement après avoir nagé deux longueurs, mais que, tout à coup elle n’arrive plus à le faire, cela peut indiquer un problème.

Il faut essayer de ne pas considérer ces indicateurs comme étant « simplement liés à la ménopause » ou au vieillissement. Il peut s’agir, en effet, de symptômes de la ménopause, mais il vaut mieux être prudent et exclure tout problème cardiovasculaire potentiel plutôt que d’attendre que quelque chose de grave se produise. N’oublions pas que le déclin fonctionnel n’est pas automatiquement un processus normal lié au vieillissement.

Est-ce que l’hormonothérapie substitutive joue un rôle dans la santé cardiovasculaire des femmes?

Dre Yip : Nous n’avons pas encore de données cohérentes sur le lien entre l’hormonothérapie et les problèmes cardiovasculaires. Certaines femmes recevant une hormonothérapie substitutive pendant la ménopause voient leur santé cardiovasculaire s’améliorer, tandis que d’autres voient leur état s’aggraver.

Cela dépend des antécédents cardiovasculaires de chaque femme. Par exemple, certains problèmes cardiovasculaires sont dus au stress. En effet, une femme ménopausée sans problèmes cardiovasculaires sous-jacents qui subit davantage de stress, peut-être parce qu’elle ne dort pas bien ou parce qu’elle a de nombreux symptômes, peut avoir un risque plus élevé de problèmes cardiovasculaires. Dans un cas comme celui-ci, l’hormonothérapie pourrait aider.

Toutefois, il n’y a pas de garantie. Chaque femme réagit différemment.

Les changements hormonaux liés à la ménopause peuvent parfois entraîner une prise de poids7 . Cela a-t-il une incidence sur le risque de problèmes cardiovasculaires chez les femmes?

Dre Yip : Je ne pense pas qu’il y ait un poids optimal. Je vois souvent des patientes en surpoids qui ont très peu de facteurs de risque : elles marchent tous les jours. Leur taux de cholestérol correspond aux cibles. Leur pression artérielle est bonne. Elles ont simplement un surplus de graisse corporelle, c’est tout. Pour moi, ça me va. Je me soucie beaucoup moins du fait qu’une patiente prenne 5 kilos que du fait qu’elle mène une vie sédentaire.

Le risque concerne l’obésité abdominale, car il existe un lien entre l’excès de graisse abdominale et les maladies cardiovasculaires chez les femmes8. J’en parle avec mes patientes. Bien souvent, c’est quelque chose que l’on peut gérer par l’activité physique : on observe rarement l’obésité abdominale chez les personnes qui font régulièrement de l’exercice, même si elles sont en surpoids.

Quels changements de mode de vie peuvent aider les femmes à réduire leur risque de maladie cardiovasculaire pendant la périménopause et la ménopause?

Dre Yip : Il y a plusieurs moyens pour les femmes ménopausées de réduire les facteurs de risque. Arrêter de fumer est très important.

Il en va de même pour l’adoption d’habitudes alimentaires plus saines. Le régime méditerranéen est souvent recommandé pour la santé cardiovasculaire. Il est bon de surveiller la taille des portions et de faire preuve de bon sens.

Ma principale recommandation est de faire de l’activité physique, car elle peut avoir un effet positif sur de nombreux facteurs de risque. Je recommande généralement à mes patientes de faire au moins 15 minutes d’activité cardiovasculaire par jour, comme la marche rapide, la natation, le vélo ou toute autre activité qui leur permet de faire travailler tous leurs principaux groupes musculaires et d’augmenter leur fréquence cardiaque jusqu’à un certain niveau. Les patientes disent souvent : « Je marche jusqu’à l’arrêt d’autobus » ou « Je m’affaire dans la cuisine ». C’est un bon début, mais il est important de faire travailler son cœur un peu plus.

Continuez à vous informer : Peut-on prévenir les maladies cardiovasculaires?

Les spécialistes de la clinique PREVENT du St. Mary’s General Hospital nous indiquent les mesures à prendre pour réduire le risque de contracter la deuxième maladie la plus mortelle au Canada.

L’exercice physique est vraiment un investissement pour soi-même. Lorsque vous faites 15 minutes d’activité physique qui vous plaît, cela peut aider à réduire les principaux facteurs de risque de maladie cardiovasculaire, comme le diabète9, l’hypertension10 et le cholestérol11. Faire de l’activité physique régulièrement peut aussi vous aider à prendre soin de votre santé mentale,12 à gérer votre stress13et à mieux dormir14. Tout cela peut réduire votre risque de maladie cardiovasculaire.

Cooper : La musculation est aussi très bénéfique pour les femmes de cet âge, car la résistance renforce la résilience du corps. Elle augmente la densité osseuse, ce qui réduit le risque de blessures, et améliore la circulation sanguine et la santé cardiovasculaire. Il n’est pas nécessaire d’utiliser des poids. Les exercices avec le poids du corps peuvent suffire. Un peu d’exercice physique associé à un entraînement régulier de résistance procure une multitude de bienfaits pour votre corps.

Que peuvent faire d’autre les femmes ménopausées pour être plus proactives en matière de santé cardiovasculaire?

Cooper : Nous voyons souvent des femmes ménopausées attendre que les symptômes nuisent à leurs activités quotidiennes avant de consulter un médecin. C’est compréhensible. Beaucoup font partie de la génération sandwich; elles s’occupent à la fois de leurs enfants et de leurs parents, travaillent et ont d’autres obligations. Avec tout ce qui se passe, il est facile d’ignorer les symptômes légers. Par contre, le fait d’attendre peut signifier qu’il faut demander de l’aide plus tard, à un moment moins idéal.

C’est pourquoi il est si important pour les femmes ménopausées d’être attentives aux changements qu’elles ressentent. Si votre capacité à accomplir les tâches quotidiennes change ou si quelque chose ne vous semble pas normal, c’est un signe qu’il faut consulter un professionnel de la santé.

Dre Yip : Vous ne devriez jamais vous sentir mal à l’aise de défendre vos intérêts. Vous ne faites perdre de temps à personne. Et si vous passez un examen médical et que tout va bien, cela ne devrait pas vous décourager de retourner consulter si vous avez des symptômes par la suite. Ce qui ne pose pas de problème lors d’une visite peut être préoccupant à un autre moment.

J’ai un message que j’aimerais que toutes les femmes entendent, en particulier celles qui sont ménopausées : ne vous empêchez pas de consulter, surtout si vous ressentez des symptômes anormaux.

Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.

Remarque sur le genre
Bien que nous utilisions les termes « femmes », « féminin », « hommes » et « masculin », nous reconnaissons qu'ils n'englobent pas toutes les identités de genre et que les questions de santé abordées dans l'article peuvent concerner des personnes de tous les genres.

Clinique PREVENT du Waterloo Regional Health Network (WRHN)

En accord avec notre Programme axé sur les effets15 et notre engagement envers le maintien de la santé et le bien-être durables, Manuvie Canada est fière de soutenir la clinique PREVENT. Située à même le département de réadaptation cardiopulmonaire du WRHN, la clinique offre un programme multidisciplinaire de réduction des facteurs de risque pour la prévention primaire des maladies cardiovasculaires.

Prévention au travail


Si vous avez un régime d’assurance collective, vous pourriez bénéficier d’une une couverture pour des produits et services, ainsi que d’un accès aux ressources pouvant vous aider à soutenir la santé cardiovasculaire pendant la périménopause, la ménopause et par la suite.

« Il faut parfois du temps et des efforts pour se renseigner sur les avantages auxquels vous avez droit, mais c’est un investissement qui peut avoir de nombreux effets positifs – sur votre santé, votre vie et votre travail », explique Jennifer Foubert, vice-présidente adjointe et chef, Produits et croissance pour l’assurance collective à Manuvie Canada. « Les femmes ménopausées sont souvent très sollicitées en termes de temps et d’énergie. Tirer parti de vos avantages peut vous aider à intégrer la prévention des maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires, à votre quotidien. »

Vérifiez votre régime d’assurance collective pour savoir si :

  • Vous avez accès à des experts, par l’entremise des soins virtuels à la demande fournis dans le cadre du partenariat entre Manuvie et Maven Clinic, pour discuter de tout symptôme de ménopause nouveau ou inhabituel;
  • Vous avez une couverture pour les services d’entraîneurs sportifs, d’accompagnateurs et/ou de diététistes agréés afin de vous aider à adopter et à maintenir des habitudes de vie saines qui peuvent réduire votre risque de maladie cardiovasculaire;
  • Vous avez accès à des outils pour vous aider à surveiller votre activité quotidienne, à vous fixer des objectifs bons pour le cœur et à suivre vos progrès, comme les Services mobiles Manuvie

Les employeurs peuvent se renseigner sur la manière de mieux soutenir la santé des femmes en milieu de travail ici.