Bonne question : Comment est-ce que je peux encourager un proche à chercher du soutien en santé mentale?
25 mai 2026 | 3 minutes de lecture
Des experts donnent des conseils pour mener des conversations bienveillantes et sans stigmatisation.
Si un de vos proches semble avoir des difficultés sur le plan de la santé mentale, il peut être difficile de savoir comment aborder le sujet avec lui ou s’il faut aborder le sujet. Bien de gens ont peur de dire quelque chose de déplacé, de paraître critique ou d’aggraver la situation. Selon les experts, parler de ce sujet n’a pas pour but de poser un diagnostic, de trouver une solution ou de forcer un résultat. L’important est de créer des liens, de lutter contre la stigmatisation et d’apporter du soutien à la personne proche. Le fait de se retrouver dans un cadre bienveillant peut inciter une personne à prendre l’initiative de contacter des professionnels pour obtenir du soutien.
« Ces discussions ne doivent pas nécessairement prendre la forme de rencontres formelles », explique la Dre Claire Harrigan, psychiatre à la Cleveland Clinic Canada, qui occupe le poste de directrice médicale pour l’assurance collective de Manuvie Canada. « Commencez simplement par dire à cette personne que vous êtes prêt à l’écouter et que vous êtes là pour elle. »
La Dre Allison Crawford, psychiatre au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) et médecin-chef de 9-8-8 : Ligne d’aide en cas de crise de suicide, partage cet avis. « Parfois, une conversation en face-à-face peut s’avérer trop intense, surtout pour les personnes qui sont plus réticentes à parler ou qui ont du mal à exprimer leurs sentiments. Nous disons parfois : C’est mieux d’être côte à côte que face à face. « Par exemple, vous pouvez discuter pendant que vous faites une activité ensemble, comme promener le chien. »
Nous avons demandé à la Dre Crawford et à la Dre Harrigan comment repérer les signes de problème, comment aborder le sujet avec tact et comment encourager quelqu’un à demander de l’aide.
Quels sont certains des signes indiquant qu’un proche souffre de problèmes de santé mentale?
Dre Crawford : La chose la plus importante à retenir, c’est qu’il n’y a pas de signe unique permettant de déterminer si une personne a besoin d’aide. Vous pourriez remarquer des sautes d’humeur : davantage de colère, de tristesse ou d’irritabilité. L’état d’esprit pourrait changer : la personne pourrait devenir plus pessimiste, perdre espoir ou se sentir coincée. Ou vous pourriez remarquer un changement dans son comportement : des difficultés à garder ses habitudes, à prendre soin d’elle-même, à accomplir ses tâches professionnelles ou à maintenir des relations sociales?
Si je remarque ces changements, quand serait-il approprié d’entamer une discussion?
Dre Harrigan : Idéalement, il vaut mieux être proactif plutôt que réactif, et créer un espace sûr pour parler de santé mentale avec les amis et la famille avant que quelqu’un ne se retrouve en situation de crise. Si vous vous sentez à l’aise de le faire, vous pouvez parler ouvertement de vos propres problèmes en matière de santé mentale. La conversation pourrait ainsi être plus naturelle et inciter l’autre personne à faire de même.
Des discussions régulières peuvent vous aider également à comprendre ce qui se passe dans la vie de la personne proche. Par exemple, vous pourriez apprendre que votre conjoint va vivre une situation stressante au travail. Dans ce genre de situation, il peut être normal qu’il y ait des changements au niveau du sommeil ou du désir de socialisation. Cela vous permet de mieux évaluer quand la personne se comporte vraiment de manière inhabituelle ou qu’elle semble éprouver des problèmes qui sont nouveaux.
Comment mettre toutes les chances de mon côté pour que la conversation se passe bien?
Dre Crawford : Il est important d’exprimer vos préoccupations à un moment où vous pouvez écouter pleinement et être totalement présent. Il ne faut pas précipiter les choses; il faut laisser le temps à la personne de se sentir à l’aise de parler.
Dre Harrigan : Il s’agit avant tout de faire de l’écoute active. Et vous pouvez montrer que vous écoutez activement non seulement par vos paroles, mais aussi avec votre langage corporel. Maintenir un contact visuel qui n’est pas trop intense ou hocher de la tête pendant que la personne parle fait partie des signes qui démontrent que vous écoutez attentivement. Il est aussi utile de reformuler en vos mots ou de relancer la personne. Elle saura ainsi que vous l’écoutez et cela lui donnera l’occasion de vous corriger si vous avez mal compris quelque chose.
Que faire si la personne se met sur la défensive ou qu’elle se referme lorsque je parle de mes préoccupations?
Dre Harrigan : Très souvent, des personnes bien intentionnées se joignent à ces discussions dans le but d’identifier le problème et de le résoudre. Cependant, vous pouvez donner l’impression de minimiser le problème d’autrui en prétendant savoir ce que cette personne vit et en lui disant comment elle devrait le résoudre. Dire « Je sais ce que tu vis en ce moment » n’est pas aussi utile que de dire « Je ne vis pas ce que tu vis, mais je suis là pour t’aider. »
Vous pourriez demander à quelqu’un quel type d’aide lui serait le plus bénéfique en ce moment. Est-ce que ça serait, par exemple, un soutien émotionnel, de l’aide pour les tâches du quotidien ou d’une aide pour trouver des ressources en santé mentale? La personne peut ainsi vous dire ce qui lui serait utile et cela lui redonnerait un peu de contrôle sur la situation. Si vous avez l’impression de vous heurter à une forte résistance, n’insistez pas. Reconnaissez son hésitation et dites : « Je vais te laisser prendre les devants. Si jamais tu as besoin de parler, sache que je suis là pour écouter. »
Dre Crawford : L’objectif de la première conversation n’est pas de trouver des solutions, mais d’établir un lien. Lorsqu’un de nos proches est en détresse, il peut être difficile de se montrer patient et de prendre le temps nécessaire. Mais si vous vous empressez à donner des conseils, cela peut donner l’impression, sans le vouloir, que vous n’écoutez pas.
Si la personne proche se montre ouverte à recevoir de l’aide, quelles pourraient être les prochaines étapes à suivre?
Dre Crawford : Une fois ce lien établi, la prochaine étape consiste à dire : « De l’aide est disponible » et « Tu mérites d’avoir du soutien ». Ce sont des messages très importants, car ils sont porteurs d’espoir. Vous pouvez alors passer à la résolution de problèmes en collaboration. Vous pourriez dire : « Tu veux qu’on réfléchisse ensemble à des idées? » ou « À ton avis, qu’est-ce qui pourrait aider? » C’est valorisant, car vous reconnaissez ses compétences, ses forces et son autonomie.
Ressources essentielles pour aider vos proches
- Soutien professionnel de première ligne : Si la personne a déjà un thérapeute ou un médecin de famille, c’est par là qu’il faut commencer pour obtenir de l’aide et des conseils.
- Ressources communautaires : En composant le 2-1-1, la personne pourra être mise en contact avec des ressources locales.
- Avantages sociaux offerts par l’employeur : Si la personne bénéficie d’avantages sociaux à son travail, il peut être utile de se renseigner sur le soutien offert en santé mentale. Il peut s’agir notamment du programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF), des soins virtuels (tels que les Soins Virtuels TELUS Santé) ou des services de consultation en santé mentale (proposés par TELUS Santé).
- Aide en cas de crise : Si un de vos proches se sent désespéré ou a des idées suicidaires, il peut composer ou envoyer un texto au 9-8-8 pour obtenir une aide confidentielle. Des études1 montrent que le fait de poser des questions sur les intentions suicidaires n’augmente pas le risque.
- Aide d’urgence : Si une personne risque de se faire du mal ou de faire du mal à autrui, ou si la situation présente un danger physique, n’hésitez pas à composer le 9-1-1.
En quoi consiste un suivi continu? À quelle fréquence dois-je donner de mes nouvelles?
Dre Harrigan : Cela dépend de la relation que vous entretenez déjà et de votre niveau d’intimité. Vous ne voulez pas paraître autoritaire, mais vous ne voulez pas non plus que la personne ait l’impression que vous ne vous intéressez plus à elle. Prendre de ses nouvelles toutes les semaines ou toutes les deux semaines en posant des questions ouvertes est une bonne chose à faire. Demander « Comment ça va depuis notre dernière conversation? » ou « Tu avais dit que tu irais voir ce groupe de soutien. Ça t’a plu? » peut s’avérer plus efficace que de faire pression sur la personne pour qu’elle vous rende compte de ses progrès.
Dre Crawford : Il est tout à fait acceptable de fixer des limites tout en montrant clairement que vous êtes là pour maintenir le lien et apporter votre soutien. Pour cela, la clarté et la franchise sont généralement préférables. Informez la personne proche de votre disponibilité et de votre capacité à l’aider, que ce soit en prenant de ses nouvelles chaque jour, chaque semaine ou à une autre fréquence.
Il est important aussi de penser à vous faire aider si vous vous sentez en détresse ou si le stress de cette autre personne devient trop lourd à porter pour vous. Tout comme elle, vous n’avez pas à porter ce fardeau tout seul.
Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.
Cleveland Clinic Canada
Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.
Prévention au travail
Votre régime d’assurance collective peut couvrir les frais liés aux services de santé mentale et inclure des ressources pour vous aider à prendre soin de votre santé mentale et de votre bien‑être général. Recherchez les avantages suivants dans votre régime :
- Programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF)
Une aide immédiate et confidentielle lorsque vous en avez le plus besoin. - Services de consultation en santé mentale
Un point d’accès numérique pour accéder plus rapidement et plus facilement à du soutien en santé mentale. - Soins de santé en ligne (soins virtuels)
Accès en tout temps à des professionnels de la santé offrant des soins primaires, des soins en santé mentale et d’autres soins de mieux-être, partout au Canada. - Médecine personnalisée (pharmacogénétique)
Pour vous aider à trouver plus rapidement le bon médicament pour améliorer votre état de santé.
Votre vie privée est importante : tous les services sont confidentiels et vos renseignements personnels sur la santé sont protégés.
Les participants peuvent aussi avoir accès à des conseils et des ressources en matière de santé mentale dans l’application Services mobiles Manuvie.
Les employeurs peuvent en savoir plus sur les services de consultation en santé mentale ici.