Votre guide pratique sur la fertilité et le soutien au travail
13 février, 2026 | 6 minutes de lecture
« Le traitement de fertilité ressemblait à un deuxième travail secret que je faisais seule », explique Clare*, une gestionnaire du marketing de 35 ans. Elle et son partenaire, Shaun*, essayaient d’avoir leur deuxième enfant par fécondation in vitro (FIV).
Gérer les échographies matinales qui peuvent être réservées à la dernière minute, en plus des protocoles de médication intensifs, peut perturber une journée de travail. Le coût moyen des traitements de fertilité peut également être source d’un stress considérable, puisqu’il s’élève à 20 000 $ pour un cycle de FIV1. (Il existe des méthodes moins coûteuses, telles que l’insémination intra-utérine, qui coûte généralement 1 000 $2, mais les experts affirment qu’elle est moins efficace que la FIV3.) Et puis, il y a le coût émotionnel. « Je me souviens avoir reçu un appel m’annonçant que notre dernier cycle avait échoué et avoir immédiatement essuyé mes larmes pour me connecter à un appel vidéo pour le travail », raconte Clare.
L’histoire de Clare et Shaun est loin d’être un cas isolé. Un couple canadien sur six4 sera confronté à l’infertilité, un chiffre qui a doublé depuis 1980. Et bien que chaque parcours soit unique, la plupart supposent un apprentissage difficile pour apprendre à s’y retrouver parmi les cliniques, les tests, les formalités administratives et les coûts — et, pour les parents qui travaillent, tout cela en continuant à répondre aux exigences de leur employ.
Pour Clare, cela signifiait également essayer de garder son « deuxième travail » secret : « J’avais un calendrier rempli de rendez-vous et de rappels de médicaments que je me sentais obligée de cacher à certains de mes clients », explique-t-elle. Selon les données de Maven Clinic5, une plateforme virtuelle dédiée à la santé des femmes et des familles, environ 50 % des femmes choisissent de ne pas divulguer leur parcours de fertilité à leur employeur, craignant d’être prises moins au sérieux ou de subir des répercussions négatives sur leur avancement professionnel.
Bien qu’il n’existe pas de boule de cristal qui vous permette de savoir si vous aurez de la facilité ou de la difficulté à concevoir un enfant, connaître les ressources à votre disposition est une première étape essentielle. Il s’agit notamment de comprendre le soutien auquel vous pouvez prétendre sur votre lieu de travail. « Les femmes représentent près de la moitié de la main-d’œuvre, explique Jennifer Foubert, vice-présidente adjointe et chef, Produits et croissance pour l’assurance collective à Manuvie Canada. Le soutien sur le lieu de travail, y compris les régimes d’avantages sociaux, doit évoluer pour répondre à leurs besoins. »
Il est utile de dresser la liste des questions à poser – à vous-même, à votre médecin et à votre employeur – afin de vous sentir mieux informée, mieux soutenue et plus résiliente tout au long de votre parcours vers la fertilité. Voici les recommandations d’experts pour savoir par où commencer :
Questions à se poser
« La fertilité est un sujet particulièrement difficile à aborder, car on ne sait pas toujours qu’on va rencontrer des difficultés avant de se lancer », explique le Dr Titilayo Olupona, médecin responsable des soins de santé pour les cadres à la Cleveland Clinic Canada et directeur médical pour Assurance collective de Manuvie Canada.
Avant même de mettre le pied dans une clinique, il est bon de prendre le temps de réfléchir et de vous demander si vous êtes prête à faire face aux inévitables pressions qu’exercent les traitements de fertilité – sur votre corps, votre relation, votre bien-être mental et émotionnel, et vos finances.
Historique : Avez-vous suivi votre cycle (sa durée et les signes d’ovulation) pendant six mois? Le suivi de vos règles dans un journal ou une application peut vous aider à identifier les irrégularités de votre cycle qui peuvent être le signe de problèmes sous-jacents.
Tests préalables : Avez-vous tous les deux subi des tests de fertilité appropriés? Lorsqu’un couple homme‑femme entreprend un parcours de fertilité, l’infertilité masculine représente environ 30 % des cas, tandis que 40 % sont attribuables à des facteurs féminins. (Les 30 % restants sont un mélange de facteurs masculins et féminins, ou de facteurs totalement inconnus.)
Préparation émotionnelle : Disposez-vous de systèmes de soutien pour vous aider à gérer le stress et l’imprévisibilité du traitement? Pouvoir compter sur ses amis, sa famille, un thérapeute ou un accompagnateur peut être inestimable pendant le parcours vers la conception.
Gestion du travail : Avez-vous un plan pour mener à bien ce projet tout en conciliant votre vie professionnelle? Il peut être difficile de jongler entre le poids psychologique des traitements de fertilité et une carrière bien remplie.
Préparation financière : Pouvez-vous vous permettre le traitement, et si oui, combien de cycles? En 2024, selon les données cumulatives sur les demandes de règlement de Manuvie Canada, 14,6 % de personnes supplémentaires ont demandé le remboursement de médicaments pour la fertilité dans le cadre de leur régime d’avantages sociaux par rapport à l’année précédente. Certaines provinces et certains territoires offrent une couverture ou d’autres possibilités d’économies pour certaines interventions médicales liées à la fertilité, mais il n’existe actuellement aucune couverture fédérale.
« Entamer un parcours vers la fertilité nécessite souvent de prendre le temps de faire une pause, de réfléchir et de faire valoir ses propres besoins, ce qui est essentiel pour prendre soin de soi », explique le Dr Olupona.
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Questions à poser à votre médecin
Si vous en êtes aux premières étapes de votre projet de grossesse et que vous ne savez pas quand contacter une clinique, Shyna Asaria, infirmière autorisée et formatrice en sensibilisation à la fertilité pour Maven, vous donne un conseil simple : « Si vous avez moins de 35 ans et que vous essayez depuis un an, il est temps de consulter quelqu’un. » Si vous avez 35 ans ou plus et que vous essayez de concevoir depuis six mois, il est temps de consulter quelqu’un.
Avant même de recourir à un traitement spécialisé, vous pouvez poser certaines questions à votre médecin de famille pour vous aider à augmenter vos chances de tomber enceinte. Mme Asaria recommande de le faire dès que la planification familiale se profile à l’horizon. « Même si vous savez que vous ne prévoyez pas d’avoir d’enfant avant un certain temps, il est très important de connaître le fonctionnement de votre corps, pour le moment où vous serez prête à essayer de concevoir », souligne-t-elle.
Voici quelques questions clés qu’elle recommande d’aborder avec votre médecin de famille :
Santé avant la conception : Existe-t-il des régimes alimentaires, des compléments alimentaires ou des traitements qu’ils recommanderaient pour faciliter la conception? Il faut entre plusieurs mois et un an6 pour qu’un follicule ovarien mûrisse et donne un ovule prêt à déclencher l’ovulation. Les habitudes de vie à long terme qui peuvent avoir un impact sur la qualité des ovules peuvent donc être importantes, en particulier dans les mois précédant la conception ou les interventions de fertilité.
Autres facteurs liés à la santé : Si vous avez des difficultés à concevoir, est-ce que des troubles qui compliquent la fertilité, tels que le SOPK, l’endométriose, l’ovulation irrégulière ou des problèmes thyroïdiens, pourraient être en cause? Le SOPK et l’endométriose touchent tous deux environ 10 %7 des femmes.
Options de traitement : Demandez des informations claires sur les taux de réussite, les coûts et les effets secondaires de l’insémination intra-utérine par rapport à la FIV, en fonction de votre profil de santé.
Santé mentale : Demandez ce que vous pouvez faire pour protéger votre santé mentale contre le stress, l’anxiété et la dépression, et si une recommandation est nécessaire pour consulter des spécialistes spécifiques.
Mme Asaria insiste sur la nécessité de se doter d’un soutien en matière de santé mentale. « Je recommande généralement quelque chose comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), précise-t-elle. C’est un long parcours qui vous attend, et il est très important de trouver un thérapeute ou des pratiques de pleine conscience, comme la tenue d’un journal ou le yoga, pour vous aider à gérer le stress et les défis émotionnels. »
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Questions à poser au travail
Les traitements contre l’infertilité ne suivent pas un horaire régulier de 9 h à 17 h. Les rendez-vous tôt le matin, les protocoles médicaux stricts et les interventions de dernière minute peuvent être difficiles à concilier avec un emploi du temps rigide. Le soutien sur le lieu de travail peut faire toute la différence.
« De manière générale, les Canadiennes et les Canadiens disent ne pas se sentir suffisamment soutenus par leurs employeurs lorsqu’il s’agit de l’agrandissement de leur famille », explique Mme Foubert. Cette lacune rend indispensable de s’informer du soutien disponible – et de faire valoir ce dont vous avez besoin. Parler ouvertement des difficultés peut également aider à réduire les préjugés entourant l’infertilité et à vous procurer le soutien dont vous avez tant besoin.
Dans cette optique, voici quelques sujets à aborder avec les RH ou votre gestionnaire :
Flexibilité : Demandez à bénéficier d’une plus grande flexibilité pour vous adapter à vos rendez-vous et gérer vos jours de congé afin de préserver votre bien-être.
Confidentialité : Si je divulgue mon parcours de fertilité, existe-t-il des mesures de protection pour m’assurer que je ne serai pas injustement pénalisée?
Couverture : Demandez quel type d’aide est couvert par votre régime d’avantages sociaux. Cela inclut de se renseigner sur la prise en charge des coûts des traitements de fertilité, ainsi que sur la prise en charge des consultations en santé mentale, qui peuvent aider à gérer l’impact émotionnel des traitements de fertilité. Votre employeur peut également vous donner accès à des professionnels de la santé qui peuvent vous aider à traverser cette étape de votre vie.
L’accès à des experts est un élément important du parcours, affirme Mme Foubert. C’est pourquoi Manuvie Canada propose désormais l’accès à Maven Clinic en tant que programme facultatif dans ses régimes d’assurance collective. Les participants admissibles peuvent contacter virtuellement des spécialistes de la fertilité et bénéficier de conseils et d’accompagnement 24 heures sur 24. Mme Foubert note qu’environ 30 % des femmes qui ont des difficultés à concevoir tombent enceintes naturellement après avoir suivi le programme de Maven.
Il n’y a aucun moyen d’éliminer l’incertitude liée à l’infertilité, mais les bonnes questions et le bon soutien peuvent vous aider à vous sentir plus en contrôle. Comme le dit Clare : « Le traitement de la fertilité touche tous les aspects de votre vie. Avec le recul, je me rends compte que tout ce qui peut alléger ce fardeau – que ce soit par le soutien au travail, la consultation ou une expertise médicale claire – mérite d’être exploré.
*Les noms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat des personnes concernées.
Cet article a été initialement publié dans Châtelaine le 24 octobre 2025.
Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.
Remarque sur le genre
Bien que nous utilisions les termes « femmes », « féminin », « hommes » et « masculin », nous reconnaissons qu’ils n’englobent pas toutes les identités de genre et que les questions de santé abordées dans l’article peuvent concerner des personnes de tous les genres.
Cleveland Clinic Canada
Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.
Maven Clinic
Maven Clinic est la plus grande clinique virtuelle au monde pour les femmes et les familles, avec pour mission de rendre les soins de santé accessibles à tous. Les programmes numériques primés de la Maven Clinic offrent un soutien clinique, émotionnel et financier en une seule plateforme, couvrant la fertilité et les projets de famille, la maternité et les soins aux nouveau-nés, les services aux parents et les soins pédiatriques, ainsi que la ménopause et la santé hormonale. Plus de 2 000 employeurs et régimes de soins de santé font confiance à la plateforme de bout en bout de la Maven Clinic pour améliorer les résultats cliniques, réduire les coûts des soins de santé et assurer l’équité des programmes d’avantages sociaux.
Recommandations de lecture :
Société des obstétriciens et gynécologues du Canada : Ce qu’il faut savoir avant la conception
Cleveland Clinic : Ressources sur l’infertilité
Ressources sur les questions de fertilité
Maven Clinic : Quel est le coût des traitements de fertilité à l’échelle mondiale?
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