Bonne question : Comment savoir si c’est le bon moment pour demander des services de consultation en santé mentale?
15 janvier 2025 | 3 minutes de lecture
Le nombre de Canadiens qui souffrent de dépression et d’anxiété a fortement augmenté au cours de la dernière décennie1, et de plus en plus de gens déclarent que le stress, l’épuisement professionnel et l’épuisement émotionnel affectent leur capacité à s’investir pleinement dans leur travail et leur vie personnelle.2
Selon les données de Manuvie sur les demandes de règlement, le nombre de personnes ayant fait une demande de règlement pour des soins de santé mentale en 2024 a augmenté de 10,2 % par rapport à l’année précédente.3 Cependant, moins de la moitié des Canadiens ayant accès à une couverture en santé mentale dans le cadre de leur assurance soins médicaux complémentaires au travail profitent de ces ressources4, qui peuvent aller du matériel éducatif aux programmes d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF), en passant par des consultations virtuelles et des consultations en personne avec un professionnel.
Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette situation, affirme la Dre Nadia Aleem, psychiatre à la Cleveland Clinic Canada et directrice médicale pour l’assurance collective de Manuvie. Le coût, la stigmatisation et le manque de temps sont trois obstacles courants que les gens peuvent devoir surmonter quand ils tentent d’accéder à des soins. S’y ajoute un autre obstacle majeur : la croyance selon laquelle on ne devrait avoir recours à des soins de santé mentale qu’en cas de maladie ou de crise. La Dre Aleem propose une perspective différente : considérer les soins de santé mentale comme des soins préventifs, comme le sont les nettoyages dentaires ou les examens médicaux annuels.
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Selon une étude menée par Manuvie Canada, le principal facteur motivant le recours à des services de santé mentale, en particulier chez les nouveaux utilisateurs, est le sentiment d’être prêt émotionnellement. Or, selon la Dre Aleem, « être prêt » ne doit pas nécessairement être défini comme un « sentiment »; il peut aussi s’agir d’une décision.
Pourquoi les gens attendent-ils souvent d’être en situation de crise avant de demander de l’aide?
Dre Aleem : Les gens croient à tort qu’il ne faut rechercher un soutien en santé mentale que lorsqu’on est en détresse émotionnelle, qu’on commence à avoir des difficultés à fonctionner et qu’on ne se sent pas bien. Cette hésitation à consulter s’accompagne souvent d’une stigmatisation : aller en thérapie signifie forcément qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez vous, que vous êtes malade.
Une autre des raisons est que l’accès aux services de santé mentale était autrefois plus limité. Jusqu’à récemment, les employeurs n’avaient pas tendance à investir dans ces garanties, de sorte que les gens n’ont souvent pas le réflexe de penser qu’ils peuvent y recourir. C’est pourquoi il est important que les entreprises continuent à informer leurs employés des possibilités qui leur sont offertes.
Enfin, beaucoup de gens ont des idées dépassées sur la thérapie. Ils imaginent parfois la thérapie comme un processus passif où une personne est analysée et évaluée par un clinicien. Mais les thérapies modernes et les autres formes de soutien en santé mentale ne visent pas à « soigner » les gens. Il s’agit plutôt d’acquérir des outils, des connaissances et des stratégies qui vous aideront à vous sentir mieux et à fonctionner plus efficacement.
Quels sont les premiers signes indiquant qu’il est peut-être temps de demander de l’aide?
Dre Aleem : L’un des premiers signes à surveiller est l’altération du sommeil. Avez-vous des difficultés à vous endormir ou à rester endormi, ou dormez-vous trop? Vous pourriez aussi remarquer que vous adoptez des comportements d’adaptation qui ne vous sont pas bénéfiques, comme une consommation excessive d’alcool, de nourriture, de télévision ou de navigation. Posez-vous la question suivante : si vous passez des heures à faire défiler votre fil d’actualité chaque semaine, qu’est-ce que vous évitez émotionnellement? Si rien n’est fait, ces symptômes peuvent entraîner un sentiment de dépassement, de l’irritabilité et une incapacité à faire face aux exigences quotidiennes.
Si votre assurance collective vous donne accès à un programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF), c’est peut-être le moment idéal pour prendre des mesures préventives avant que les symptômes ne s’aggravent. Trop souvent, les gens attendent d’être en difficulté pour se tourner vers les PAEF, qui sont plus adaptés aux soins à court terme ou à la prévention. Plus les PAEF sont utilisés de manière proactive, plus ils sont bénéfiques.
Que diriez-vous à quelqu’un qui est nerveux à l’idée de commencer une thérapie?
Dre Aleem : Sachez que c’est vous qui êtes aux commandes. Abordez cette démarche avec la volonté d’apprendre et de prendre la défense de votre santé mentale. Vous n’êtes pas là pour être analysé ou jugé. La thérapie n’est pas passive, elle est collaborative.
Il est utile d’arriver avec un objectif : sur quoi voulez-vous travailler? Certaines des séances les plus positives que j’ai eues avec des clients commencent par une déclaration claire comme : « Je veux améliorer mon sommeil » ou « Je veux mieux communiquer avec mon partenaire ».
Et n’hésitez pas à faire part de vos préoccupations, même si elles vous semblent insignifiantes. Par exemple, vous pouvez poser des questions comme : « Allez-vous me juger? » ou « Allez-vous en parler à mon employeur? » Le fait d’exprimer ces inquiétudes dès le départ contribue à instaurer la confiance et à vous mettre à l’aise.
À quoi pouvez-vous vous attendre lors de vos premiers rendez-vous avec un conseiller en santé mentale?
Tout d’abord, le conseiller vous demandera ce qui vous amène et ce que vous souhaitez accomplir. Il discutera du calendrier et des frais et vous invitera à poser toutes vos questions concernant le traitement. Il vous demandera également de lire et de signer des formulaires de consentement et de protection de la vie privée, qui traitent notamment de la confidentialité et des limites.
Continuez à vous informer : Services de consultation en santé mentale - Assurance collective │ Manuvie
Vérifiez si votre régime d’assurance collective couvre les séances de thérapie et de consultation avec des professionnels en santé mentale.
Selon vos objectifs, la prochaine séance consistera probablement à recueillir des renseignements détaillés sur votre parcours. Votre conseiller vous posera des questions sur votre mode de vie, vos antécédents médicaux, vos relations et votre travail afin de mieux vous connaître. Cela ne devrait pas prendre plus d’une ou deux séances. À partir de la troisième ou de la quatrième séance, vous devriez commencer à apprendre des outils et des stratégies pratiques, c’est-à-dire des éléments concrets que vous pourrez mettre en œuvre entre les rendez-vous.
Comment savoir si votre thérapeute vous convient?
Dre Aleem : Souvent, la spécialité ou la qualification particulière d’un conseiller importe moins que le fait que vous vous sentiez compris. Il est important que vous ayez le sentiment que votre conseiller vous comprend et que vous puissiez être ouvert avec lui. Certaines personnes préfèrent un conseiller avec lequel elles s’identifient sur le plan culturel ou en ce qui concerne l’orientation sexuelle ou le genre. Il peut être réconfortant de savoir que vous partagez des expériences de vie similaires. Pour d’autres, cela ne semble pas nécessaire. C’est vraiment une question de choix personnel.
Les séances en personne sont-elles plus efficaces que les séances virtuelles?
Dre Aleem : Les liens peuvent être tissés virtuellement ou en personne, et une étude5 montre que les deux formats sont efficaces. Choisissez donc celui qui correspond le mieux à votre mode de vie. Plusieurs personnes qui travaillent préfèrent les rencontres virtuelles, car elles peuvent ainsi les intégrer plus facilement dans leur journée.
Comment savoir quel « type » de thérapie me convient le mieux?
Dre Aleem : Pour ce qui est des modalités, je dirais que c’est l’adaptation qui est l’aspect le plus important. De nombreux thérapeutes intègrent plusieurs modalités, comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (TCBPC) et la thérapie centrée sur les émotions (TCE), en puisant des éléments dans chacune d’elles et en adaptant leur approche à vos besoins.
À quel moment devriez-vous évaluer vos progrès?
Dre Aleem : Les premières séances peuvent sembler étranges, comme lorsqu’on rencontre quelqu’un pour la première fois, alors essayez de ne pas juger tout de suite si cela vous convient ou non. Vous devriez toutefois avoir une idée de l’efficacité de la thérapie après trois séances. Si vous ne vous sentez pas en phase ou si n’avez pas l’impression que vos séances vous aident, vous pouvez en parler à votre thérapeute et lui donner l’occasion de réorienter son approche.
Si vous préférez éviter cette conversation, vous pouvez simplement changer de conseiller. Un thérapeute professionnel comprendra et soutiendra cette décision. Et la plupart des programmes d’assurance collective et de PAEF facilitent le choix d’un nouveau fournisseur.
Quand vous prendrez rendez-vous avec votre prochain thérapeute, veillez à lui dire ce qui n’a pas fonctionné avec le précédent. Et soyez précis quant à ce que vous recherchez, afin de trouver ce qui vous convient et de continuer à développer les outils qui vous permettront de rester équilibré et en bonne santé.
Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.
Cleveland Clinic Canada
Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.
La prévention au travail
Votre régime d’avantages sociaux peut couvrir les frais liés aux services de santé mentale et inclure des ressources pour vous aider à prendre soin de votre santé mentale et de votre bien‑être général. Recherchez les avantages suivants dans votre régime :
- Programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF)
Une aide immédiate et confidentielle lorsque vous en avez le plus besoin. - Services de consultation en santé mentale
Un point d’accès numérique pour une connexion plus rapide et plus facile aux soins. - Soins de santé en ligne (santé virtuelle)
Accès en tout temps à des professionnels de la santé offrant des soins primaires, des soins en santé mentale et d’autres soins de mieux-être, partout au Canada. - Médecine personnalisée (pharmacogénétique)
Pour vous aider à trouver plus rapidement le bon médicament afin d’améliorer votre état de santé.
Votre vie privée est importante : tous les services sont confidentiels et vos renseignements personnels sur la santé sont protégés.
Les participants peuvent aussi avoir accès à des conseils et des ressources en santé mentale sur l’application Services mobiles Manuvie.
Les employeurs peuvent en savoir plus sur les services de consultation en santé mentale et de conseil de Manuvie ici.