Bonne question : est-ce de l’endométriose? Signes, symptômes et étapes suivantes

6 Mars, 2026 | 4 minutes de lecture

Si vous vous posez des questions sur l’endométriose, sachez que vous n’êtes pas seul. Des études indiquent qu’il y a plus de personnes qui ne sont pas bien informées sur cette maladie inflammatoire chronique que de personnes qui le sont1. Même chez les femmes, chez qui l’on retrouve la quasi-totalité des cas d’endométriose2, il y a un manque de sensibilisation. Certaines recherches montrent que jusqu’à 45 % d’entre elles n’en connaissent pas les symptômes3.

Pourtant, l’endométriose n’est pas rare du tout. Elle touche actuellement environ 10 % des femmes en âge de procréer4, et le taux de diagnostic augmente rapidement. Selon une étude réalisée en 2025, ce taux a augmenté de 32 % entre 2017 et 20245. Au Canada, près de deux millions de personnes vivent avec l’endométriose6.

« Bien des gens ignorent également à quel point cette maladie peut être invalidante », explique la Dre Farzana Haq, médecin principale en santé des femmes à la Cleveland Clinic Canada, qui occupe le poste de directrice médicale pour l’assurance collective de Manuvie Canada. « Ou que les femmes peuvent ressentir cette affection de façon très différente. »

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Nous avons demandé à la Dre Haq son avis sur la prévention, le traitement et le soutien aux proches atteints de cette maladie chronique douloureuse.

Qu’est-ce que l’endométriose exactement?

Dre Farzana Haq : L’endométriose se caractérise par la présence de tissu endométrial7, c’est-à-dire le tissu qui tapisse l’utérus, à l’extérieur de la cavité utérine.

Comme ce tissu demeure actif et qu’il est sensible aux hormones, il peut occasionner des douleurs, des inflammations et des cicatrices aux endroits où il y a des dépôts. Le plus souvent, on observe un dépôt dans la région pelvienne, soit dans et autour des trompes de Fallope, des ovaires et de la partie inférieure du bassin. On peut aussi, quoique plus rarement, retrouver du tissu endométrial sur d’autres organes du corps, comme la vessie ou le diaphragme.

Quels sont les facteurs de risque pour les femmes de développer une endométriose?

Dre Haq : Il semble y avoir une certaine corrélation génétique : les personnes ayant des antécédents familiaux d’endométriose semblent présenter un risque plus élevé8. Nous savons également que les menstruations précoces, que nous définissons comme le fait d’avoir ses premières règles avant l’âge de 11 ans, sont associées à un risque accru9. Les cycles menstruels courts, inférieurs à 28 jours, peuvent constituer un léger facteur de risque10. Certaines recherches montrent que des interventions chirurgicales sur l’utérus, notamment les césariennes11, pourraient causer la diffusion de tissu endométrial12.

Peut-on prévenir l’endométriose?

Dre Haq : Il n’y a aucun moyen connu de la prévenir complètement. Cela s’explique en partie par le fait que certains facteurs de risque importants sont des éléments non modifiables, comme la génétique et les antécédents familiaux, ou encore l’âge des premières règles. Il est aussi important de souligner que notre compréhension de la physiopathologie précise de l’endométriose reste incomplète. Il y a des théories au sujet des menstruations rétrogrades, où le sang remonte dans les trompes de Fallope et se dépose sur les tissus de la cavité pelvienne. D’autres théories parlent de modulation ou de dérégulation immunitaire, et selon lesquelles un dysfonctionnement du système immunitaire empêcherait l’élimination du tissu endométrial, permettant ainsi son implantation et sa croissance. Il y a aussi des théories sur des changements survenant dans les cellules fœtales au début de leur développement13. Mais en fin de compte, nous ne savons pas exactement ce qui cause l’endométriose. Nous ne disposons donc pas d’un protocole de prévention définitif.

Les habitudes ou les changements du mode de vie peuvent-ils réduire le risque de développer une endométriose?

Dre Haq : Certaines données suggèrent que les habitudes de vie peuvent influencer le niveau de risque14. Comme l’endométriose est une maladie inflammatoire, nous savons que tout ce qui aide à réduire l’inflammation peut être bénéfique. Cela comprend la pratique régulière d’une activité physique ainsi que la réduction de la consommation d’alcool, de caféine et d’aliments transformés qui favorisent l’inflammation. Ces mêmes habitudes de vie peuvent être bénéfiques pour réduire la douleur chez un grand nombre de personnes atteintes d’endométriose.

Quels sont les symptômes courants de l’endométriose?

Dre Haq : Le symptôme le plus courant est, de loin, la douleur15, en particulier pendant les règles. Les rapports sexuels peuvent être parfois douloureux, étant donné que le tissu endométrial peut se déposer dans la partie inférieure du bassin. Parmi les autres symptômes, il y a les mictions fréquentes ou douloureuses, tout comme les selles difficiles ou douloureuses. La douleur peut être si intense qu’elle oblige les personnes touchées à s’absenter de leur travail ou de l’école, ou les empêche de vaquer à leurs activités quotidiennes.

La fatigue est un autre symptôme très courant.

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Il y a aussi des symptômes qui ne sont pas physiques. Les personnes ayant des problèmes de santé chroniques présentent une prévalence plus élevée de troubles de santé mentale16, et nous notons une forte augmentation des taux de dépression et d’anxiété chez les patientes atteintes d’endométriose17. En règle générale, cela prend de cinq à dix ans pour diagnostiquer une endométriose18. C’est une affection douloureuse et l’absence de diagnostic ou de plan de traitement peut sans aucun doute avoir un impact négatif sur la santé mentale d’une personne ainsi que sur sa capacité à fonctionner.

Pourquoi l’endométriose est-elle si difficile à diagnostiquer pour les cliniciens?

Dre Haq : La méthode la plus fiable et la plus sûre pour diagnostiquer l’endométriose est de la découvrir au cours d’une intervention chirurgicale. Il va sans dire qu’opérer toutes les personnes ayant des menstruations douloureuses est une tâche ardue et inadaptée comme première étape pour poser un diagnostic.

Il arrive souvent que les tissus endométriaux échappent à la détection sur une échographie; parfois, ils ne se voient même pas sur une IRM. Nous établissons donc souvent un diagnostic clinique, c’est-à-dire un diagnostic basé uniquement sur un ensemble de symptômes, sans tests complémentaires. Et cela peut s’avérer vraiment compliqué, car les symptômes de l’endométriose peuvent être confondus avec ceux d’autres affections.

De plus, les professionnels de la santé ne sont peut-être pas tous aussi compétents ou familiers avec les méthodes d’évaluation et de traitement de l’endométriose. Le manque de compréhension de la physiopathologie de cette affection ainsi que la difficulté à établir des critères clairs de diagnostic peuvent expliquer en partie cet état de fait.

Quelles stratégies les personnes peuvent-elles utiliser pour se faire entendre si leurs préoccupations semblent être ignorées?

Dre Haq : Il est très important de se faire entendre. Il est tout à fait approprié de poser des questions à votre clinicien sur son expertise avec des maladies comme l’endométriose :

combien de patientes voit-il présentant des symptômes similaires aux vôtres? Est-il compétent pour évaluer, diagnostiquer et traiter l’endométriose? Si oui, pouvez-vous travailler ensemble? Si ce n’est pas le cas, peut-il vous recommander à un expert?

Ces questions peuvent être gênantes, mais elles peuvent vous aider à trouver la meilleure approche en matière de soins.

Comment les femmes peuvent-elles déterminer si une douleur est normale ou s’il pourrait s’agir d’un symptôme d’endométriose?

Dre Haq : Cela peut être difficile à évaluer, en particulier pour les femmes qui ont toujours eu des règles douloureuses ou pour les jeunes femmes qui ont des menstruations depuis peu. Le fait de noter les symptômes (le moment où ils se manifestent et leur niveau de gravité) peut vous aider à faire des comparaisons et à déceler des tendances qui, sinon, pourraient échapper à votre attention. La douleur s’aggrave-t-elle avec le temps? Est-elle 15 % pire qu’il y a cinq ans? Est-elle 50 % pire? Ou 100 % pire? Il y a maintenant des outils et des applications en ligne qui peuvent vous aider.

De manière générale, si vos symptômes sont suffisamment graves pour vous empêcher de faire les choses que vous faites d’habitude (si vous devez annuler un repas entre amis à cause de votre souffrance), c’est un signal d’alarme qui doit être évalué de plus près.

Que peuvent faire les femmes à qui l’on a diagnostiqué une endométriose pour gérer ou atténuer la gravité des symptômes?

Dre Haq : Notre objectif est de réduire la douleur et l’inflammation en ajustant le mode de vie. Faire régulièrement de l’exercice, bien manger19, et réduire la consommation de caféine peut aider. Des recherches indiquent que la physiothérapie du plancher pelvien pourrait apporter un soulagement20, surtout chez les femmes présentant des symptômes pelviens marqués ou des douleurs pendant les rapports. L’acupuncture peut aussi aider à soulager la douleur21.

Pour certaines personnes, un traitement efficace en matière de médication peut être aussi facile que de prendre des anti-inflammatoires disponibles sans ordonnance. La contraception hormonale, comme un DIU (dispositif intra-utérin), peut également aider. Les traitements réduisant le taux d’œstrogènes, comme les traitements hormonaux à base de progestatifs seuls, ont démontré leur efficacité pour réduire la gravité des symptômes chez les femmes atteintes d’endométriose22.

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Il y a aussi des options faisant appel à la chirurgie, que l’on peut diviser en deux grandes catégories. Il y a ce que l’on appelle le traitement conservateur, qui consiste à laisser l’utérus en place et à traiter les tissus endométriaux afin d’en retirer le plus possible. L’autre traitement est plus radical et implique l’ablation de l’utérus et de tout tissu endométrial disséminé dans la région pelvienne.

Les décisions des patientes reposent sur leurs goûts personnels, la disponibilité des options, d’autres problèmes de santé existants et d’autres considérations, notamment d’éventuels traitements de fertilité.

Que peuvent faire les partenaires, les membres de la famille et les amis proches pour soutenir les personnes atteintes d’endométriose?

Dre Haq : Tout d’abord, si vous comprenez ce que la personne vit, vous serez plus mieux à même de l’aider. Je recommande de vous informer sur l’endométriose, ce qu’elle signifie pour les personnes qui en souffrent et ce à quoi s’attendre, même de manière générale. Il y a des plateformes éducatives spécialisées sur l’endométriose. La compréhension de cette affection peut vous être utile pour confirmer ce que vit votre être cher et pour mieux comprendre les symptômes.

Ensuite, selon votre degré d’intimité, vous pouvez aller ensemble aux rendez-vous chez le médecin. Cela vous permettra d’écouter la conversation entre la personne concernée et son médecin, de vous faire une idée du plan d’action et de plaider en sa faveur.

Comme l’endométriose est une affection douloureuse chronique, elle ne touche pas seulement la personne qui en souffre, mais peut aussi avoir des répercussions sur le partenaire, les enfants et les amis. En somme, l’éducation, la sensibilisation et le soutien des personnes qui font partie du cercle de soins peuvent être très utiles.

Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.


Remarque sur le genre :

Bien que nous utilisions les termes « femmes », « féminin », « hommes » et « masculin » dans cet article, nous reconnaissons qu’ils n’englobent pas toutes les identités de genre et que les questions de santé abordées dans l’article peuvent concerner des personnes de tous les genres.

Cleveland Clinic Canada

Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.

Prévention au travail

Votre régime d’assurance collective peut inclure une couverture qui peut vous aider, vous ou vos personnes à charge, à en savoir plus sur l’endométriose et sur la gestion des symptômes. « L’endométriose est souvent mal comprise », explique Jennifer Foubert, vice-présidente adjointe et cheffe, Produits et croissance pour l’assurance collective à Manuvie Canada. « Mais heureusement, de plus en plus d’employeurs adoptent des régimes qui tiennent compte adéquatement des besoins des femmes aux prises avec cette affection douloureuse. »

Vérifiez si votre régime d’assurance collective couvre :

  • Les conseils d’experts – comme du soutien virtuel à la demande fourni dans le cadre du partenariat entre Manuvie et MavenMC – pour aider à comprendre les symptômes, à gérer les implications potentielles sur la fertilité et à prendre en charge les troubles de santé mentale souvent associés à cette affection douloureuse.
  • Les médicaments sur ordonnance pouvant aider à soulager les symptômes douloureux de l’endométriose, comme certains traitements contraceptifs hormonaux23.
  • La physiothérapie du plancher pelvien24 ou l’acupuncture25, qui peut aider à réduire la douleur causée par l’endométriose.
  • Les services de diététistes pour élaborer des plans nutritionnels pouvant aider à gérer les symptômes, comme l’alimentation anti-inflammatoire26. · Les outils numériques, comme l’application Services mobiles Manuvie, pour aider à prendre et à maintenir des habitudes saines qui peuvent contribuer à une gestion efficace des symptômes, comme la pratique régulière d’une activité physique27.
  • Les frais d’hospitalisation, si un traitement chirurgical est nécessaire.
  • L’assurance invalidité de courte ou longue durée pour compenser la perte de revenus pendant la convalescence à la suite d’une intervention chirurgicale.

Si vous êtes un employeur :
Pour en savoir plus sur la manière de créer et de développer un environnement de travail favorable à la santé des femmes, cliquez ici : Santé et travail des femmes : pour un milieu de travail plus résilient.