Guide pratique pour un soutien plus personnalisé en santé mentale

11 mai, 2026 | 6 minutes de lecture

Entamer un traitement en santé mentale – qu’il s’agisse de prendre rendez-vous avec un thérapeute pour la première fois ou de demander conseil à son médecin au sujet d’un médicament – peut sembler intimidant, et le processus ne se déroule pas toujours sans heurts.

La bonne nouvelle : vous disposez peut-être de plus de ressources que vous ne le pensez, notamment le soutien de votre entourage, vos médecins de famille ou infirmières praticiennes, ainsi que les ressources offertes au travail. Certains régimes d’assurance offrent également la possibilité d’obtenir un deuxième avis médical et de bénéficier de tests pharmacogénétiques, ce qui peut aider à adapter le traitement médicamenteux à chaque patient.

Voici un guide pratique qui vous accompagne de la première consultation jusqu’aux étapes suivantes, ainsi que des outils qui vous aideront à personnaliser les soins tout au long du parcours.

Signes précoces

Il est parfois difficile de se rendre compte que sa santé mentale se détériore. Jo Henderson, membre du personnel scientifique principal au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), recommande de rester attentif aux signes subtils. « Si vous avez l’impression de ne plus avoir la même motivation qu’avant, ou si vous ne prenez plus autant de plaisir à faire certaines choses, cela peut être le signe qu’il serait bon de parler à quelqu’un », explique Jo Henderson.

L’intervention précoce peut avoir une réelle incidence. Une étude de 20241 menée par la London Health Sciences Centre Research Institute a révélé qu’un programme d’intervention précoce destiné aux jeunes adultes souffrant de troubles de l’humeur et d’anxiété était associé à une amélioration significative des symptômes et de la qualité de vie.

Par où commencer

Jo Henderson recommande de commencer par consulter son médecin de famille : « Vous pouvez lui faire part de vos difficultés et envisager un traitement médicamenteux ou une thérapie. » Le médecin commencera souvent par examiner vos symptômes. Il pourrait vous proposer un diagnostic adapté à votre situation, et peut-être vous indiquer des ressources, vous aider à choisir un traitement médicamenteux ou vous orienter vers un spécialiste ou un professionnel de la santé mentale.

Vous pouvez également vérifier si votre régime d’avantages sociaux offre un programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille (PAEF), qui peut vous mettre en relation avec un conseiller pour que vous puissiez bénéficier d’un soutien à court terme et définir les prochaines étapes. Il existe également des ressources en ligne, comme l’Association canadienne pour la santé mentale, qui propose des numéros d’urgence, des groupes de soutien et des répertoires de thérapeutes. Le Centre for Addiction and Mental Health (son groupe de recherche sur la santé des femmes, qui fait partie de l’initiative womenmind et est soutenu par Manuvie) propose également une boîte à outils en santé mentale2 accessible en ligne, qui comprend des numéros de contact et des ressources.

Peu importe par où vous commencez, « ces premiers pas vous mèneront à l’étape suivante et, en fin de compte, à une meilleure santé », explique Jennifer Foubert, vice-présidente adjointe et cheffe, Produits et croissance pour l’Assurance collective à Manuvie Canada. En 2024, parmi les demandeurs en santé mentale de l’Assurance collective Manuvie, 27 % ont eu recours à une thérapie, 62 % à des médicaments et 11 % aux deux – ce qui montre qu’il n’existe pas d’approche « idéale », mais que, pour chaque personne engagée dans un parcours de santé mentale, il peut y avoir différentes approches thérapeutiques qui s’avèrent les plus efficaces.

À quoi s’attendre lors d’une séance de thérapie

Les premières séances avec un thérapeute ou un conseiller servent à évaluer la compatibilité et à définir les objectifs. Cela peut notamment consister à remplir des questionnaires ou à effectuer des autoévaluations afin d’établir un bilan de départ, puis, à partir de là, à définir des stratégies susceptibles de soulager les symptômes. « Il est important que vous trouviez un certain équilibre entre vos besoins et vos préférences, d’une part, et ce que les différents praticiens ont à vous proposer, d’autre part », explique Jo Henderson. « Ces premiers échanges sont vraiment importants pour vous permettre de mieux cerner l’approche de cette personne. »

Il n’y a aucune obligation de continuer si ça ne vous convient pas, et il est recommandé de faire le point toutes les quelques séances pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Mais Jo Henderson précise qu’un léger inconfort est tout à fait normal. « Une partie du processus de traitement en santé mentale consiste à parler de certaines choses, à répondre à des questions ou à aborder des sujets dont on n’a pas forcément toujours envie de parler. »

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Comment gérer la prise de médicaments

Les médicaments constituent un autre élément de la santé mentale. Si vous et votre médecin décidez d’envisager cette voie, un médecin généraliste ou un psychiatre pourra examiner les différentes options avec vous, vous prescrire des médicaments si nécessaire, suivre l’évolution de vos symptômes et adapter votre traitement afin d’en optimiser l’efficacité.

« La thérapie et les médicaments, surtout lorsqu’ils sont utilisés ensemble, peuvent améliorer considérablement les résultats, et le fait de commencer le traitement tôt permet souvent d’obtenir de meilleurs résultats plus durables », explique le Dr Andrew Morgan, psychiatre à la Cleveland Clinic Canada et directeur médical de l’Assurance collective du secteur Canada de Manuvie.

Il faut parfois du temps pour trouver le bon médicament et la bonne posologie. « Les antidépresseurs n’agissent pas en un jour ou deux », ajoute le Dr Morgan. « Les gens commencent souvent à constater des effets positifs au bout de deux à quatre semaines environ, mais il faut parfois attendre huit semaines, voire plus, pour en ressentir tous les bienfaits. »

De nombreuses études3 indiquent qu’environ la moitié des personnes à qui l’on prescrit des médicaments contre la dépression réagissent favorablement au premier traitement qui leur est prescrit4.

Selon le Dr Morgan, les tests pharmacogénétiques peuvent également aider à trouver le traitement adapté. Ces tests sont offerts dans le cadre de certains régimes d’avantages sociaux de Manuvie Canada et utilisent un échantillon de salive pour analyser les variantes génétiques liées au métabolisme des medicaments. Selon une analyse réalisée par Manuvie en 2023, 80 % des personnes ayant participé au programme ont modifié leur traitement ou leur posologie; parmi elles, 86 % ont déclaré avoir constaté une amélioration de leurs symptômes de santé mentale.

Même si les tests pharmacogénétiques ne sont pas recommandés pour toutes les personnes qui commencent un traitement antidépresseur, « si vous avez déjà essayé plusieurs médicaments différents ou si vous avez souffert d’effets secondaires importants avec une faible dose de médicament, cela pourrait être une bonne option », explique le Dr Morgan.

En cas de diagnostic de trouble dépressif majeur, de trouble bipolaire, de trouble d’anxiété généralisée ou de trouble de stress post-traumatique (TSPT), un deuxième avis médical peut parfois aider à clarifier la marche à suivre. Le programme de deuxième avis médical de Manuvie met en relation les participants admissibles avec des spécialistes qui examinent leur dossier médical et émettent un avis ainsi que des recommandations thérapeutiques à transmettre au médecin traitant.

« La médecine est un domaine en constante évolution », déclare le Dr Morgan. « Un deuxième avis peut permettre de recommander d’éventuels examens complémentaires, d’envisager d’autres diagnostics ou de proposer de nouvelles pistes thérapeutiques. »

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Passer à l’étape suivante

Trouver un traitement efficace en matière de santé mentale est rarement un parcours sans embûches. Il vous faudra peut-être du temps pour trouver le bon praticien, l’approche la plus adaptée ou la combinaison d’outils qui vous convient. Grâce aux ressources à votre disposition, qu’il s’agisse de votre communauté, des avantages sociaux de votre entreprise ou de votre équipe soignante, vous pouvez faire des choix éclairés et continuer à avancer vers ce qui vous semble le mieux pour votre bien-être.

« Faire ce premier pas peut sembler extrêmement difficile », explique Foubert. « Savoir de quelles ressources vous disposez pour vous accompagner dans ce parcours peut, au final, vous permettre de bénéficier d’une prise en charge plus personnalisée et vous aider à vous sentir davantage maître de la situation. »

Cet article a été initialement publié sur CBC le 30 avril 2026.

Cet article est fourni à titre indicatif seulement. Il ne vise pas à diagnostiquer ou à traiter un problème de santé. Si vous avez des questions ou des inquiétudes concernant votre situation ou si vous souhaitez obtenir des conseils médicaux, consultez votre médecin ou votre fournisseur de soins de santé.

CAMH
Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) est le plus grand hôpital de santé mentale au Canada et un chef de file mondial dans le domaine de la recherche sur la santé mentale et la toxicomanie. L’un des principaux problèmes de notre système de santé est la perception erronée que la santé mentale est moins importante que la santé physique, alors qu’un Canadien sur cinq souffre d’une maladie mentale chaque année. « La santé mentale, c’est la santé » est une nouvelle campagne qui sensibilise les Canadiennes et Canadiens à accorder à la maladie mentale la même priorité qu’à toute autre maladie. Pour en savoir plus sur la campagne, rendez-vous sur camh.ca/mentalhealthishealth.

Cleveland Clinic Canada
Manuvie est fière de compter sur l’aide de Cleveland Clinic Canada pour diriger le volet médical de ses activités d’assurance collective. Cleveland Clinic Canada possède une vaste expérience en soins de santé et a le même objectif que Manuvie, soit celui d’aider les Canadiennes et Canadiens à mener une vie meilleure, plus longue et en meilleure santé. C’est une organisation à but non lucratif qui est à l’avant-garde de la médecine moderne depuis 1921. Au cours des dernières années, Cleveland Clinic a travaillé avec des entreprises progressistes au Canada et partout dans le monde pour mettre à l’avant-plan la santé et le bien-être des membres de leur personnel, de leur clientèle et des collectivités.

La prévention au travail

Votre régime d’avantages sociaux peut couvrir les frais liés aux services de santé mentale et inclure des ressources pour vous aider à prendre soin de votre santé mentale et de votre bien‑être général. Recherchez les avantages suivants dans votre régime :

Votre vie privée est importante : tous les services sont confidentiels et vos renseignements personnels sur la santé sont protégés.

Les participants peuvent aussi avoir accès à des conseils et des ressources en santé mentale sur l’application Services mobiles Manuvie.

Les employeurs peuvent en savoir plus sur les services de consultation en santé mentale et de conseil de Manuvie ici.