L’âge, c’est un état d’esprit : voilà un adage qui colle bien à ceux qui s’efforcent de rester actifs. Mais plus de 55 % des Canadiens travaillent dans un bureau, passent leurs soirées et leurs fins de semaine devant la télé – et auraient tout intérêt à retrouver l’énergie de leur jeunesse. Nous avons eu la chance de discuter avec Maarika Arget, consultante, Promotion nationale de la santé et du bien-être à Tri Fit. Elle nous a parlé de l’incidence de l’âge sur la santé physique et le bien-être, du niveau d’activité idéal et de trois clés pour qui veut retrouver la forme… et la garder!

Je veux garder la forme et la santé. Est-ce que l’âge m’empêche de faire certaines choses?

La plupart des gens qui restent actifs en vieillissant ont adopté très tôt de bonnes habitudes. En effet, qui développe un goût pour l’activité physique dès sa jeunesse risque fort de le conserver en chemin. Sa souplesse, sa force et sa santé cardiovasculaire resteront au rendez-vous, alors il pourra effectuer sans trop de peine des tâches aussi simples que monter l’escalier, attacher ses souliers ou transporter les sacs d’épicerie. On tient pour acquise notre autonomie, mais si on ne bouge pas, on risque tôt ou tard d’avoir de mauvaises surprises.

Je veux faire assez d’exercice pour en ressentir les bienfaits et conserver ma souplesse. Combien de temps dois-je y consacrer chaque semaine?

Les opinions divergent, mais la Société canadienne de physiologie de l’exercice (SCPE) recommande aux adultes de 18 à 64 ans au moins 150 minutes par semaine d’activité physique et aérobique d’intensité élevée, par séances d’au moins 10 minutes. La SCPE conseille également d’effectuer au moins deux jours par semaine des exercices de renforcement des muscles et des os.

À une époque où les appareils de suivi ont la cote, le 10 000 pas est devenu un objectif quotidien pour un grand nombre de personnes. Mais ce n’est qu’un chiffre. L’important, c’est d’abord d’être plus actif. En d’autres mots, il faut y aller à votre rythme et augmenter graduellement la cadence.

En vieillissant, les gens ont tendance à se faire des idées fausses au sujet de l’exercice. Quelles sont les plus fréquentes?

À mes yeux, la pire d’entre toutes consiste à se croire trop vieux pour pratiquer telle ou telle activité. Peu importe notre âge, si on se convainc qu’on est limité, on finit par l’être. C’est un phénomène qu’on observe d’abord chez les adolescentes. Enfants, la plupart d’entre elles sont très actives, mais elles finissent par se détourner du sport en raison d’un manque d’occasions et de la pression exercée par leurs pairs. Et avec le temps, ça devient souvent plus difficile, voire intimidant, de sauter sur le terrain ou de plonger.

Pouvez-vous nous donner trois règles d’or que devrait suivre quiconque veut se remettre en forme, peu importe son âge?

  1. Commencez doucement. Souvent, on s’emballe lors des premiers entraînements et on en fait beaucoup trop. C’est la recette pour avoir mal, peut-être même se blesser, et perdre sa motivation. Mieux vaut augmenter la durée et l’intensité des séances petit à petit. De cette manière, on s’évite de souffrir pour rien, on conserve notre enthousiasme et on réalise des progrès. Envie de baisser les bras? Pensez au chemin parcouru!
  2. Fixez-vous un objectif. Courir cinq kilomètres, retrouver la forme d’ici vos vacances, dire adieu à cette médication contre l’hypertension : votre souhait sera votre dynamo.
  3. Enfin, entourez-vous de gens de confiance. Demandez à quelqu’un de s’informer de vos progrès, et consultez des experts qui vous donneront des conseils et vous aideront à établir des buts à court terme clairs et mesurables, qui vous rapprocheront de votre objectif.

Soyez indulgent envers vous-même. En arrivant au gymnase, à la piscine ou sur le terrain, vous serez peut-être nerveux, gêné; vous aurez l’impression d’être un chien dans un jeu de quilles. Souvenez-vous que tout le monde est passé par là. D’accord, vous avez peur d’être jugé, mais il faut bien commencer quelque part si vous voulez gagner en force et en santé. Oui, soyez indulgent, et gardez le cap.

Consultez un professionnel de la santé pour vous assurer que ces stratégies conviennent dans votre cas.