Conçue pour la santé – Interactions – Épuisement professionnel chez les employés

 

Quelles répercussions la pandémie a-t-elle eues sur la santé mentale au sein de votre organisation? Vos employés sont-ils épuisés?

Découvrez notre entrevue avec la Dre Georgia Pomaki pour savoir comment gérer l’épuisement professionnel des employés dans votre milieu de travail (en anglais seulement).

Narrateur

Quelles répercussions la pandémie a-t-elle eues sur la santé mentale au sein de votre organisation? Vos employés sont-ils épuisés? Aujourd’hui, dans notre série Conçue pour la santé – Interactions, nous nous attarderons sur les grandes questions qui se posent en matière de santé mentale au travail, et sur ce qu’il conviendrait de faire dans l’immédiat et à long terme. Voici votre hôte, Greg Bisch.

Greg Bisch

Je suis accompagné de la Dre Georgia Pomaki. Elle est directrice principale, Meilleures pratiques en santé mentale à Manuvie et possède un doctorat en santé mentale au travail. Docteure Pomaki, bienvenue à notre série Conçue pour la santé – Interactions.

Dre Georgia Pomaki

Bonjour, Greg. C’est un plaisir d’être ici.

Greg Bisch

On est ravis de vous compter parmi nous, docteure Pomaki. Quels sont les signes d’épuisement professionnel chez un employé?

Dre Georgia Pomaki

D’abord, le terme « épuisement professionnel » peut être employé dans plusieurs sens, et faire écho à de l’insatisfaction au travail, à de l’anxiété ou à une dépression invalidante.

On doit donc déjà se dire que les employés et les gestionnaires risquent d’utiliser ce terme pour désigner une variété d’états émotionnels ou de problèmes touchant la santé mentale. Mais peu importe, ce qu’il faut, c’est d’être à l’affût des changements dans le comportement d’un collègue.

Semble-t-il plus discret que d’habitude? A-t-il l’air plus fatigué? Est-il en retard aux réunions alors que ce n’est pas dans ses habitudes? Fait-il beaucoup de commentaires négatifs inhabituels ou donne-t-il une impression d’indifférence qui ne lui ressemble pas?

Greg Bisch

On dirait qu’il faut vraiment connaître ses employés pour remarquer de tels changements.

Dre Georgia Pomaki

Oui.

Greg Bisch

Comment aborde-t-on un employé qui semble épuisé?

Dre Georgia Pomaki

En lui parlant. Parlez-lui et dites-lui qu’il vous paraît différent.

S’il vous demande pourquoi, donnez-lui quelques exemples. Montrez-vous empathique quand vous lui donnez vos exemples. Parfois, les gens ne se rendent pas compte qu’ils renvoient une image différente au travail. Et écoutez, validez ce qu’il vous dit. Ce premier contact est très important. Vous n’avez pas à trouver de solution sur-le-champ, mais vous avez ouvert un espace de discussion où vous pourrez revenir pour offrir votre aide et des ressources à l’avenir.

Les gestionnaires, comme les employés, peuvent se former pour apprendre à déceler les premiers signes de difficulté chez une personne ou un collègue. Il faut banaliser le fait de demander de l’aide et rappeler aux employés que des ressources sur la santé mentale sont à leur disposition, comme le programme d’aide aux employés et aux membres de leur famille.

Greg Bisch

Merci pour ces précieuses informations, qui nous aideront à aborder d’autres employés. Et s’il s’agit de nous-mêmes? Comment pourrais-je me rendre compte que je suis épuisé, par exemple?

Dre Georgia Pomaki

Je pense que vous pourriez vous poser une question. À quand remonte la dernière fois où je me suis senti bien dans ma peau et fin prêt à commencer le travail? Si vous vous rappelez ce moment, et si c’était il y a plus de deux, trois ou quatre semaines, il est peut-être temps de demander de l’aide.

Cherchez un conseiller ou discutez avec votre conseiller pour trouver des manières de faire face aux pressions qui semblent s’accumuler pour vous. Assurez-vous de savoir à quels avantages vous avez droit pour vous en prévaloir et recevoir l’aide dont vous avez besoin.

Greg Bisch

Oui, il est très important de savoir ce à quoi vous avez droit, et ce qui est à votre disposition. Actuellement, que peuvent faire les organisations pour lutter contre l’épuisement professionnel des employés?

Dre Georgia Pomaki

Eh bien, à court terme, je pense qu’il est important de leur donner plus de sens, un plus grand sentiment de contrôle sur leur travail. Ce sentiment sera une source de certitude bienvenue à une époque d’incertitude constante.

Par exemple, confiez à vos employés la responsabilité d’organiser leur travail comme ils l’entendent. Faites preuve de créativité et d’ouverture d’esprit. Il y a toujours des moyens de donner plus d’autonomie à quelqu’un, ce qui, on le sait, donne plus de sens au travail. Le sens peut faire office d’antidote contre l’épuisement professionnel.

Vous pouvez aussi essayer de renforcer les liens. Pour un gestionnaire, c’est prévoir des rencontres individuelles régulières avec le membre de l’équipe. C’est aussi commencer par la question « Comment vas-tu? » et écouter. Écouter vraiment, ou créer des moments de la semaine où l’équipe peut se réunir de façon officielle et passer du temps ensemble.

Greg Bisch

Voilà de très bons trucs que tout gestionnaire devrait garder à l’esprit, mais si l’on parle d’une organisation dans son ensemble, comment peut-on créer une stratégie efficace pour favoriser la santé mentale au travail?

Dre Georgia Pomaki

Il me semble que la meilleure stratégie à long terme est d’obtenir un engagement de la haute direction et de charger un comité de planifier des mesures significatives dans les deux à trois prochaines années.

En 2019, Deloitte a publié des recherches révélant que le rendement du capital investi des programmes favorisant la santé mentale au travail passe de 1,6 $ à 2,2 $ lorsque les programmes sont en place depuis trois ans ou plus. Dans le cadre de cette stratégie, de nombreux éléments devraient être passés en revue : la couverture des services de santé mentale, le montant des garanties, les montants maximaux, les types de professionnels couverts et les frais personnels cachés. Ensuite, il conviendrait d’établir un plan visant à progressivement éliminer les obstacles à l’accès aux services de santé mentale pour l’employé et les membres de sa famille.

Et n’oubliez pas d’inclure les services virtuels de santé mentale; il s’agit d’un investissement important. Vous épaulerez ainsi vos employés pour les années à venir, ce qui permettra au régime d’avantages sociaux de rester concurrentiel.

Greg Bisch

Vous évoquez certains obstacles pouvant affecter la santé mentale au travail. Pouvez-vous nous donner des exemples?

Dre Georgia Pomaki

Oui, pendant la pandémie, on sait qu’un grand nombre de personnes ont souffert de problèmes de santé mentale, et la façon dont les employés réussissent à se préserver dépend de nombreux facteurs. Et je peux vous donner quelques exemples de ces obstacles ou facteurs.

Tout d’abord, les employés ont-ils rapidement et facilement accès à des soins de santé mentale? Et à quel moment ont-ils de la difficulté à y avoir accès? Peuvent-ils recouvrer leur santé mentale plus rapidement, avec l’aide dont ils ont besoin? Bénéficient-ils d’une couverture leur permettant de suivre toutes les séances de psychothérapie dont ils ont besoin? Toutes les consultations psychologiques dont ils ont besoin? La crainte d’être stigmatisés va-t-elle les empêcher de demander de l’aide dès le début, avant que les premiers symptômes ne se transforment en crise? L’organisation va-t-elle octroyer du temps à un employé ayant besoin d’un congé pour aller à un rendez-vous médical ou à une consultation psychologique? Un employé peut-il prendre plus de temps le matin, peut-être durant une courte période, pour se préparer à commencer à travailler?

Donc, si vous détectez la présence d’un de ces obstacles dans votre organisation et y remédiez, vous apporterez une aide considérable aux employés en difficulté.

Greg Bisch

Vous avez évoqué la crainte d’être stigmatisé. Selon mon expérience en milieu de travail, notre attitude face à la santé mentale a considérablement évolué, mais la stigmatisation persiste. Comment une organisation peut-elle s’attaquer au problème?

Dre Georgia Pomaki

Oui, vous avez raison, Greg. On sait de quelle façon les autres perçoivent la santé mentale lorsqu’on les entend en parler. Ou lorsqu’on entend d’autres personnes parler d’une connaissance en difficulté de ce côté-là, on se rend compte de ce qu’ils en pensent en les écoutant.

Il est donc plus important que jamais de réduire cette stigmatisation, et de savoir comment bien planifier, par exemple, une action mensuelle ou éventuellement bimestrielle sur la santé mentale. Il pourrait s’agir d’une communication des RH, d’un dîner-causerie, d’une activité d’équipe ou d’une conversation individuelle qui fait référence, d’une manière ou d’une autre, à la santé mentale. C’est l’une des mesures qu’il est possible d’envisager.

Mais assurez-vous que chacun a parfaitement compris l’effet qu’il peut avoir sur une autre personne quand il parle de santé mentale et procédez à un changement pour encourager l’inclusivité. Chacun doit se sentir responsable de la tenue de cette action et encourager les autres à poursuivre. C’est tout un programme.

Greg Bisch

On dirait que les gestionnaires doivent faire particulièrement attention à leur manière de présenter la santé mentale pour que leurs employés s’ouvrent à eux et se sentent assez à l’aise pour parler de leurs problèmes.

Dre Georgia Pomaki

Tout à fait, et pour leur montrer leurs vulnérabilités, donc le gestionnaire doit aussi être respectueux.

Greg Bisch

Oui, c’est logique. À l’heure actuelle, avec la COVID-19, et toutes les crises survenues ces deux dernières années, les demandes de prestations d’invalidité liées à des problèmes de santé mentale ont-elles augmenté?

Dre Georgia Pomaki

Il a été surprenant de constater qu’en 2021, le nombre de demandes de prestations d’invalidité de longue durée liées à des problèmes de santé mentale n’a pas augmenté. Cela dit, on a constaté une hausse des demandes de prestations d’invalidité liées à l’anxiété, et je pense que c’est le reflet de la vive anxiété éprouvée par une partie de la population canadienne.

Juste pour vous donner un exemple, le Center for Addiction Mental Health a publié une étude démontrant que près d’un Canadien sur cinq souffrait d’anxiété modérée à profonde pendant la pandémie. De plus, le nombre de demandes de prestations d’invalidité liées à des problèmes de santé mentale est à la hausse dans le groupe d’âge des 26 à 35 ans.

Qu’est-ce que cette tendance signifie pour l’avenir? On ne le sait pas encore vraiment. Pour terminer sur une note positive, disons qu’on n’a jamais autant insisté sur la santé mentale, tant du côté des organisations, que des employés ou des prestataires de soins de santé. On espère donc que cette mise en lumière nous permettra de mettre en place le rempart dont on a tant besoin.

Greg Bisch

Docteure Pomaki, merci beaucoup et au nom de tous ceux qui nous écoutent, merci de nous avoir si bien éclairés sur ce sujet important. Et j’ai vraiment hâte de reparler du sujet avec vous, et d’aborder la question du mieux-être au travail dans un proche avenir.

Dre Georgia Pomaki

Merci, Greg. Ce fut un plaisir.

Voici notre invitee :

La Dre Georgia Pomaki dirige nos spécialistes en santé mentale à Manuvie et est instructrice à la Pacific Coast University for Workplace Health Sciences. Elle est titulaire d’un doctorat en santé mentale au travail.

Voici notre hôte :

Greg Bisch est directeur principal, Marketing, Assurance collective de Manuvie. Il renforce le pouvoir d’agir des chefs de file du secteur en leur donnant accès à des témoignages et à des conversations captivantes.

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