Éduquer nos enfants lorsqu’on est isolé et qu’on travaille à domicile

24 avril 2020 | 21:44 minutes | Épisode 1

Ce balado est fourni à titre informatif et il est publié en anglais seulement. – il ne remplace PAS l’aide d’un thérapeute ou d’un professionnel de la santé autorisé.

Apprenez des tactiques pour vous adapter en tant que parent pendant la pandémie de COVID-19, tout en soutenant vos enfants avec compassion.

Il s’agit d’une entrevue avec la Dre Georgia Pomaki, chef des spécialistes en santé mentale au sein de l’Assurance collective de Manuvie Canada.

Ce balado est fourni à titre informatif seulement – il ne remplace PAS l’aide d’un thérapeute ou d’un professionnel de la santé autorisé.

Dre Georgia Pomaki discute des sujets suivants :

  • (1:45) Premier point à garder à l’esprit pour les parents.
  • (3:20) Essayer d’être un parent parfait n’est ni utile ni réaliste.
  • (4:51) Comment parler du coronavirus avec ses enfants.
  • (6:40) Gérer votre stress en présence de vos enfants.
  • (9:26) Qu’en est-il de la gestion du temps passé devant l’écran?
  • (12:42) Éducation à la maison et attentes réalistes.
  • (14:52) Réagir aux signes de stress chez vos enfants.
  • (18:05) Objectifs de carrière et priorités parentales.

Consultez aussi cet article connexe : Aider les enfants à faire face à la pandémie de coronavirus.

Notre invitée

Portrait de Dr. Georgia Pomaki

La Dre Georgia Pomaki dirige nos spécialistes en santé mentale à Manuvie et est instructrice à la Pacific Coast University for Workplace Health Sciences. Elle est psychologue clinicienne de formation et titulaire d’un doctorat en santé mentale au travail. Mme Pomaki est spécialiste agréée en gestion d’invalidité et, à Manuvie, elle dirige l’élaboration, la mise à l’essai et la mise en œuvre des pratiques exemplaires pour la gestion des demandes de prestations d’invalidité liées à la santé mentale. Elle met également l’accent sur la prévention des problèmes de santé mentale et aide les employés et les organisations à devenir plus forts. 

Avant d’entrer au service de Manuvie, elle a travaillé à l’Occupational Health and Safety Agency for Healthcare en Colombie-Britannique et à l’Université de la Colombie-Britannique à titre de chercheuse en santé mentale au travail. Mme Pomaki est également l’auteure principale d’un ouvrage intitulé Best Practices for Return-to-Work/Stay-at-Work Interventions for Workers with Mental Health Conditions.

Transcription

GREG :

Bonjour à tous et bienvenue au balado Faire preuve d’humanité produit par Manuvie pour aider les Canadiens à rester en bonne santé sur le plan physique, mental et financier pendant la pandémie de COVID-19.

Je m’appelle Greg Bisch et je travaille à Manuvie. Aujourd’hui, on va parler de la santé mentale et de l’éducation des enfants en cette période de confinement et de travail à domicile.

Ce balado est fourni à titre informatif seulement – il ne remplace PAS l’aide d’un thérapeute ou d’un professionnel de la santé autorisé. Si vous êtes aux prises avec un problème de santé mentale ou un problème familial, adressez-vous à un thérapeute ou à un professionnel de la santé autorisé. Je suis accompagné aujourd’hui de la Dre Georgia Pomaki, responsable de l’équipe de spécialistes en santé mentale à l’Assurance collective Manuvie et instructrice à la Pacific Coast University for Workplace Health Sciences. Dre Pomaki est psychologue clinicienne de formation et titulaire d’un doctorat en santé mentale au travail.

Bienvenue Georgia.

DRE POMAKI :

Bonjour.

GREG :

Comment allez-vous?

DRE POMAKI :

Ça va, dans les circonstances.

GREG :

Ça fait plusieurs semaines maintenant que bon nombre d’entre nous ont commencé à travailler à domicile. Cette situation a entraîné bien des difficultés pour tout le monde – et pour de nombreux parents en particulier.

Comme vous le savez, Georgia, en prévision de ce balado, j’ai communiqué avec plusieurs parents qui travaillent à domicile pour savoir ce qu’ils aimeraient vous demander.

Et je vous ai montré quelques-unes de leurs réponses des plus intéressantes – et ils trouvent la situation difficile.

Vous êtes vous-même la mère d’une fille de 13 ans. Et j’ai, moi, un garçon de 12 ans et une petite fille de 7 ans, alors on peut s’identifier à eux.

Peut-être qu’on pourrait commencer par se demander quelle est la chose la plus importante du point de vue de la santé mentale que les parents devraient garder à l’esprit pendant qu’ils doivent voir à l’éducation de leurs enfants tout en travaillant de la maison pendant cette pandémie?

DRE POMAKI :

Je pense que le problème qui se pose en ce moment, c’est qu’on a perdu une grande partie de la structure qui organise notre journée et notre vie – de façon continue. Cette structure qu’on a perdue touche un certain nombre d’activités et de relations. On sait généralement où on doit être et ce qu’on doit faire, mais ce n’est plus le cas.

C’est donc une période qui est bouleversante pour les adultes et les parents, mais aussi pour les enfants. Ils vivent la même situation. Si je devais faire une seule recommandation, ce serait d’accepter ce qu’on vit, d’accepter que les enfants vivent cette situation en même temps que nous. Il faut aussi être conscient que c’est le moment d’être un peu plus indulgent envers soi-même et d’aider les enfants à être, eux aussi, plus indulgents envers eux-mêmes afin qu’on puisse traverser cette période en attendant de pouvoir reprendre notre vie normale et nos activités normales.

GREG :

Excellent. Comme vous le savez, d’après certains commentaires que l’on reçoit, les parents ont vraiment de la difficulté en ce moment à être les meilleurs parents qu’ils puissent être – et être indulgents envers eux-mêmes est peut-être l’une des choses les plus importantes à retenir, car personne ne peut être parfait.

DRE POMAKI :

Dans une situation idéale, aucun parent ne peut être vraiment parfait. On se sent pour la plupart imparfaits en tant que parents, alors ce n’est vraiment pas le moment de nous ajouter du poids sur les épaules avec tout ce qu’on vit.

On doit faire face à la situation et se rappeler que chaque ménage doit composer avec un grand nombre de situations différentes, qu’il s’agisse de stress financier ou encore de tensions ou de problèmes relationnels concernant le milieu de travail et la façon de structurer le travail. Comment survivre pendant ces semaines?

Ce n’est vraiment pas le moment d’être trop exigeant envers soi-même. En plus de faire tout son possible pour traverser cette période.

GREG :

D’accord. J’aimerais donc qu’on aborde un peu la façon de parler à nos enfants pendant cette période. Vous avez dit que la situation de chacun est un peu différente.

Certains parents ont des enfants de 3 ans à la maison ou même plus jeunes, de 12 ou 18 mois, qui sont encore aux couches et qui nécessitent encore beaucoup d’attention. Les parents doivent donc s’occuper d’un large éventail d’enfants.

Comment faut-il parler de la situation actuelle avec les enfants de différents groupes d’âge?

DRE POMAKI :

Je pense que ça dépend vraiment bien sûr de ce que l’enfant est en mesure de comprendre.

Je pense qu’il est très important d’être transparent et honnête. Comme pour toutes les autres situations difficiles qu’on vit – les mauvaises nouvelles qu’on doit parfois annoncer aux enfants. Il faut être honnête.

Par contre, il faut aussi leur faire comprendre que oui, c’est une situation difficile, qu’il y a un virus qui peut être transmis, que les gens peuvent tomber malades, mais que nous avons aussi des moyens de les protéger et de prévenir la contamination.

On a des moyens de nous protéger les uns les autres, et on peut leur donner des exemples des moyens qu’on prend. C’est pour cette raison qu’on ne rend pas visite à grand-papa et à grand-maman en ce moment, on les protège contre la maladie. Et c’est pour cette raison qu’on ne va pas visiter des amis ni jouer avec eux. C’est parce qu’on se protège les uns les autres, qu’on les protège pour éviter qu’ils tombent malades.

Je pense qu’on pourrait aussi leur dire : « On a de très bons médecins et de très bonnes infirmières au Canada, qui travaillent très fort et qui savent ce qu’ils font. Ils aident la plupart des gens à se remettre de cette maladie. Et quand tout reviendra à la normale, les gens seront de nouveau en bonne santé. Bien sûr, tu comprends que c’est difficile.

Alors, on va devoir être patients, mais tu sais, on a beaucoup de gens qui savent ce qu’ils font et qui peuvent se protéger les uns les autres. »

Il est donc très important de se montrer confiant. On ne doit pas mentir.

GREG :

Bien, l’honnêteté semble être la meilleure politique à suivre dans cette situation, car je suppose qu’on ne peut pas vraiment cacher la vérité.

DRE POMAKI :

Effectivement.

GREG :

Bien sûr, tout le monde subit un certain niveau de stress. Dans quelle mesure est-il acceptable de le montrer à nos enfants?

DRE POMAKI :

Je pense qu’il est très, très important de bien comprendre le niveau de stress que l’on vit d’abord et avant tout, d’en prendre conscience, de le reconnaître vraiment. OK. Aujourd’hui, je me réveille et j’ai l’impression que je peux gérer la situation. Et puis, peut-être le lendemain, je me réveille et je sens que je n’ai vraiment pas les ressources nécessaires pour passer à travers cette journée.

Il faut en être conscient, parce que c’est ça qui déterminera ce qu’on doit faire ce jour-là. Alors, quand on sent qu’on peut vraiment gérer la journée, c’est peut-être le moment de rallier un peu plus la famille en faisant des activités qu’on peut faire tous ensemble à la maison ou peut-être en nous permettant une sortie à l’extérieur en toute sécurité.

Les jours où on ressent plus de stress, où on a l’impression que ce sera un peu plus difficile ou peut- être même extrêmement difficile, on doit aussi le reconnaître, être conscient qu’on devra passer la journée d’une autre façon. On peut réduire le nombre de choses qu’on avait l’intention de faire ou qu’on espérait faire.

Peut-être qu’on peut passer un peu plus de temps à s’occuper de soi-même ce jour-là, et vous savez, demander aux enfants de collaborer; il s’agit d’accepter la situation. Je pense que ce stress s’aggrave quand on essaie de l’éviter, de le cacher.

GREG :

Ou il prend de la force de cette façon?

DRE POMAKI :

Exactement. Allez-y et dites : « Je devrais faire ceci, je devrais faire cela. Et je dois faire ceci et cela. Et je ne vaux rien si je ne respecte pas la routine que j’ai établie. Ce sera un échec. » Toutes ces choses ne font qu’aggraver le stress que l’on vit. Il faut donc l’accepter et adapter notre journée en conséquence. Et il faut reconnaître que oui, ce ne sera peut-être pas une journée aussi extraordinaire que la veille, mais ça ne fait rien.

GREG :

Je pense que vous venez de soulever un point très intéressant. Les commentaires que je reçois de nombreux parents, et je sais qu’on y a tous les deux fait face aussi, c’est qu’on essaie de trouver un équilibre entre toutes ces choses – maintenant que les enfants sont retournés à l’école

« virtuellement » et qu’on joue le rôle d’enseignant également, et qu’on essaie de les motiver et de gérer le temps qu’ils passent devant un écran, si on a de la difficulté à gérer cela, dans quelle mesure est-ce risqué pour les enfants?

DRE POMAKI :

Donc, pour ce qui est du temps passé devant un écran, je pense que l’important, c’est qu’ils puissent aussi se consacrer à d’autres activités.

Qu’il s’agisse de jouer à des jeux en soirée ou de passer du temps avec leur frère ou leur sœur s’ils en ont, ou encore d’avoir des contacts avec leurs amis ou des membres de la famille en ligne – virtuellement. L’important, c’est qu’ils aient une certaine variété d’activités, qu’ils ne passent pas toute la journée dans leur chambre devant un écran.

Sans qu’on surveille le moindrement le contenu qu’ils regardent en plus. C’est ça qui est préoccupant, selon moi. Je pense que c’est là que ça devient ou que ça pourrait devenir un peu risqué.

Je pense que tant qu’on peut faire beaucoup d’autres choses dans la journée avec les enfants – d’une façon ou d’une autre. Je sais que ce n’est pas toujours facile, car les enfants ne sont peut-être pas toujours d’accord, surtout les adolescents qui résistent parfois à ce qu’on propose, mais il s’agit de trouver lentement une solution.

Donc, on peut ne pas réussir le premier jour. Cela ne veut pas dire qu’on abandonne. On en parle toujours un peu plus, et je pense que c’est plus une question de compassion que de critique.

Ça ne sert à rien de dire : « Tu as fait ceci ou tu passes toute la journée dans ta chambre et tu fais cela. »

Il faut plutôt dire : « J’aimerais t’aider. J’aimerais qu’on passe de meilleurs moments ensemble. J’aimerais te voir sourire plus souvent. »

L’idée est vraiment d’aborder la situation en faisant preuve de compassion et d’empathie, plutôt qu’en optant pour une approche critique et négative. Parce que je pense qu’il est très facile de tomber dans ce genre de piège en ce moment, parce qu’on est entouré de risques et de menaces – et qu’on est en quelque sorte en mode défense.

Et lorsqu’on se sent menacé, on devient un peu plus réactif et un peu plus agressif et négatif. C’est comme ça. Il faut alors prendre du recul et s’interroger sur ce qui est en train de se passer. On essaie tous de composer avec cette situation. On essaie de s’entraider et de trouver réellement la compassion pour les autres – il faut demander à notre enfant de trouver lui aussi la compassion pour nous, pour lui-même, pour son frère ou sa sœur, pour ses grands-parents, et en parler de ce point de vue.

GREG :

Et on doit leur pardonner lorsqu’ils sont stressés ou qu’ils ne font pas les choses comme il faut.

DRE POMAKI :

Oh, absolument, ça nous arrive, à nous aussi. On espère seulement qu’on fait les choses comme il faut parfois – vous savez, et c’est très bien.

GREG :

J’aimerais qu’on discute d’éducation, car c’est un sujet qui revenait souvent pendant mes discussions avec les gens. Il semble que les attentes sont différentes selon l’école et l’enseignant de l’enfant.

Certains enfants ont une charge de travail très légère et d’autres, très lourde. Et en particulier quand elle est très lourde, les parents ont vraiment de la difficulté à la gérer tout en travaillant à temps plein.

Que recommandez-vous aux parents qui essaient de composer avec cette situation?

DRE POMAKI :

Évidemment, l’éducation est toujours importante, mais notre manière de l’approcher actuellement est très différente. Je pense que l’important, c’est de pouvoir repenser à cette période en ayant l’impression de l’avoir traversée d’une façon qui nous a permis de gagner un peu en confiance et qui a aidé les enfants à avoir plus confiance en eux-mêmes également.

L’idée est d’adapter les exigences en fonction des capacités de l’enfant sur le plan de l’éducation et des réalisations. Ce qu’on veut, c’est qu’ils aient le sentiment d’avoir accompli quelque chose à la fin de cette période. Et cela dépend vraiment de l’enfant et du parent.

On doit donc être honnête avec soi-même et se demander : OK, compte tenu de nos propres caractéristiques, qu’est-ce qu’on peut faire, mon enfant et moi, de façon réaliste en ce qui concerne l’éducation? On doit se fixer un objectif réaliste et dire : « Voici ce qu’on va essayer de faire » et on doit être très honnête et transparent à ce sujet avec l’enfant.

« Alors, voici ce qu’on va essayer de faire » – et on aura vraiment le sentiment d’avoir atteint cet objectif. Si on se fixe un objectif irréaliste qu’on ne pourra jamais vraiment atteindre, on aura simplement l’impression d’avoir échoué et de ne jamais en avoir fait assez.

Donc, je pense qu’il faut être réaliste, savoir que ces aspects seront très différents pour chaque enfant et chaque parent – parce qu’il y a des ménages qui comptent six enfants, des ménages qui en comptent un seul, et des enfants qui ont des difficultés d’apprentissage. Certains parents ont eux aussi des difficultés d’apprentissage.

L’idée, c’est de savoir quels objectifs l’enfant pourra réalistement atteindre. Je pense que la plupart des enseignants vont comprendre cela. Vous savez, si on est capable de parler à l’enseignant, d’être vraiment transparent, on peut dire : « Voici ma situation. C’est ce que je suis en mesure d’accomplir. »

Et peut-être qu’un enseignant pourra nous donner des conseils sur une meilleure façon de procéder avec notre enfant. Alors, il faut communiquer avec l’enseignant et lui dire : « Voici ce qu’on va accomplir compte tenu de notre situation. » Et il faut être réaliste.

GREG :

Oui, c’est un conseil très judicieux.

Certains parents [remarquent] – et pour être honnête, ça m’est arrivé, à moi aussi – que leurs enfants réagissent au stress lié à la situation ou à l’ennui. Vous savez, les troubles alimentaires dus au stress ou à l’ennui, les maux de tête dus à l’anxiété, la constipation, la difficulté à dormir, ce genre de choses.

Si on remarque ce genre de réactions chez nos enfants, qu’est-ce qu’on peut faire? De toute évidence, on doit, dans la mesure du possible, communiquer virtuellement avec un professionnel de la santé pour obtenir de l’aide. Mais qu’est-ce que les parents devraient garder à l’esprit d’entrée de jeu?

DRE POMAKI :

Je pense qu’il est primordial d’être vigilant pour reconnaître ce genre de problèmes. C’est-à-dire d’être en mesure de remarquer que l’enfant a peut-être de la difficulté à traverser la situation et qu’il ne fait peut-être pas les bons choix en ce qui concerne la façon de gérer son stress.

Je sais que de nombreux parents ont des stratégies qu’ils ont pu appliquer par le passé et qui ont été utiles. Alors il faut tirer profit de ces stratégies qui ont fonctionné par le passé et songer au fait qu’elles ont déjà été vraiment utiles. Comment peut-on appliquer cette stratégie à la situation actuelle si on ne peut pas faire autant d’exercice qu’avant avec son enfant, alors que l’exercice était justement une stratégie auparavant?

Mais peut-être qu’on peut faire un peu plus d’exercice que prévu parce qu’on a l’impression que ça pourrait être une stratégie. Ou peut-être que les enfants ont besoin d’attention en ce moment parce qu’ils se sentent stressés et qu’ils essaient d’attirer notre attention d’une façon qui n’est pas vraiment utile.

GREG :

En fait, ils n’ont parfois personne d’autre, n’est-ce pas?

DRE POMAKI :

Justement. Alors, peut-être qu’ils ont un comportement inacceptable. Peut-être qu’ils adoptent une attitude contradictoire. Ça peut dépendre de l’âge, n’est-ce pas? Alors, je pense qu’il faut là encore prendre du recul et réfléchir. Pourquoi mon enfant a-t-il ce comportement inacceptable? Pourquoi adopte-t-il une attitude contradictoire? Pourquoi s’isole-t-il?

Il faut vraiment analyser la situation avec curiosité et dire : « OK, j’essaie vraiment de comprendre ce qui se passe. »

Et vous savez, c’est une conversation qu’on peut avoir. Peut-être avec un adolescent. S’il s’agit d’un jeune enfant, on peut explorer la situation de différentes façons. On peut comprendre la raison par le jeu ou le dessin. On peut aussi essayer de comprendre ce qui se passe en participant à un jeu de rôles avec eux. S’ils veulent jouer à des jeux particuliers, ce genre de choses.

Et vous savez, c’est très bien de tirer parti de vos expériences passées.

Maintenant, si ces stratégies ne fonctionnent pas parce que vous avez l’impression qu’aucune d’entre elles ne s’applique à votre situation, il faut appeler le fournisseur du programme d’aide aux employés et à leur famille, si vous en avez un.

Parfois, on me pose la question : « Quand sait-on qu’il est temps d’appeler? On n’a pas besoin de le savoir. En fait, vous n’avez pas à le savoir. Il n’y a pas de moment précis où il faut appeler. Si on a de la difficulté à trouver une solution, il faut simplement appeler pour obtenir de l’aide. Pour demander conseil, le point de vue de quelqu’un d’autre.

GREG :

L’un des principaux problèmes soulevés concernait la carrière. Essentiellement, ce que les gens disaient, c’est : « Je m’inquiète de ma carrière, parce qu’il y a un certain nombre de personnes qui font des heures supplémentaires en ce moment, alors que ma priorité est de passer du temps avec mes enfants, d’aider mes enfants toute la journée. »

À part essayer de s’entendre le mieux possible avec notre employeur, y a-t-il un aspect qui entre en ligne de compte du point de vue de la santé mentale lorsqu’on a cette discussion, ce débat intérieur avec soi-même sur ce qu’il faut garder à l’esprit, surtout quand on est parent et que des enfants nous regardent?

DRE POMAKI :

En effet. On est confronté à une dure réalité et on va devoir faire des sacrifices. Cela ne fait aucun doute. Il faut faire des choix et les assumer.

Ce n’est pas un processus facile et on ne pourra pas s’en sortir indemne. On va rester avec quelques cicatrices ici et là. Je pense que ce sera le cas pour tout le monde – à des degrés différents, bien sûr – mais ce sera une période difficile. Pour certaines personnes, ce sera difficile à surmonter.

On s’attend donc à ce que les gens aient de la difficulté à faire ces choix. Si c’est possible, l’important est de savoir que ce que l’on fait est la bonne chose à faire pour soi-même, pour nos valeurs – il faut vraiment tenir compte de nos valeurs et se dire qu’on fait ce choix parce que c’est ce qui nous tient le plus à cœur, si on en est conscient.

Et quand on repensera à cette période, on veut être fier des choix qu’on a faits. Et ces choix diffèrent d’une personne à l’autre parce qu’on a des valeurs différentes, qu’on se trouve à des étapes différentes de la vie et qu’on a des priorités différentes. Je pense donc qu’il est important que lorsqu’on réfléchira au passé, on aura le sentiment d’avoir été fidèle à nos valeurs et d’avoir été en mesure de les respecter. Ça ne sera pas parfait. Je pense qu’on va tous assouplir un peu les règles.

Parce que c’est une réalité qu’on n’a jamais vraiment connue auparavant. Si on se dit : « Bon, je n’ai pas été entièrement fidèle à mes valeurs et j’aurais dû faire les choses un peu différemment », ce n’est pas grave non plus. On ne savait pas ce qu’on faisait. On a essayé de faire de son mieux dans cette situation. Mais si on le peut, on doit être honnête au sujet de ce qui compte vraiment pour nous, et c’est ce qu’on doit essayer de faire.

Et il y a parfois un prix à payer pour cela. Mais on est prêt à l’accepter, car c’est là que se situent nos priorités.

GREG :

Eh bien, Dre Pomaki, je vous ai posé beaucoup de questions très difficiles. Je vous remercie réellement pour vos conseils réfléchis et éclairés. En tant que parent, j’ai assurément beaucoup appris au cours de cette conversation, et je pense et j’espère que les gens qui auront l’occasion d’écouter ce balado seront du même avis.

Merci énormément pour votre temps.

DRE POMAKI :

Ça m’a fait plaisir.

GREG :

Nous vous remercions d’avoir écouté le balado Faire preuve d’humanité. Rappelez-vous que si vous êtes aux prises avec un problème de santé mentale ou un problème familial, veuillez obtenir de l’aide d’un thérapeute ou d’un professionnel de la santé autorisé.

Consultez notre page sur la COVID-19 pour obtenir d’autres renseignements importants et utiles en cette période difficile.